‹ Saint JéromeChapitre 371 sur 387 · Hieron., Ep · texte numérisé non relu

Hieron., Ep

'2. Baron., ad ann. iI9, 88, 89. — Tilluiu., Menu ecclés., t. \1I, p. 346. — Donuitioiicin sauctye et Veiierabilis filiai Eiistochii itadoluisse..; Hieron., Ep. 81.

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s'était, préparé à lui-même, et qui ne devait pas longtemps attendre.

C'était trop de douleur pour la vieillesse déjà avancée de Jérôme, il ne survécut que de deux ans à cette seconde fille de son cœur. La double vocation d'Eustocliium et de Blésille avait été, on s'en souvient, le signal de ses persécutions et de sa gloire. De la clière Église domestique où il avait versé si abondamment sa lumière, tout se trouvait éteint, lui seul excepté. Marcella, Asella, Paula, Fabiola, Pammacliius, la plupart enfin avaient cessé de vivre, les uns enlevés par les maladies ou l'âge, les autres par la tempête des guerres barbares. Le palais du mont Aventin avait été profané par les outrages d'une soldatesque féroce, et la sainte retraite souillée de sang. Rome elle-même avait disparu, car, pour un cœur romain tel que celui de Jérôme, son abaissement, sa captivité, c'était sa mort; il redisait souvent, en l'appliquant aux circonstances, ce vers d'un vieux poëte : (( Que survit-il quand Rome a péri ? » Ces ruines accumulées pesaient. sur son àme comme la tombe de tout ce qu'il avait aimé.

Il passa lés deux dernières années de sa vie dans une morne tristesse, n'écrivant plus que pour féliciter Augustin de ses triomphes contre les pélagiens. Sa voix était devenue si faible qu'on l'entendait à peine parler, et sa maigreur excessive avait rendu son corps comme transparent K Bientôt il lui fut impossible de se lever

1. Squalor curporis... Vocis teiiuitas. Vit. sanct. Hierun., Iiicert. auct., ap. Benedi, t; V, p. 510.

sur son grabat sans l'aide d'une corde iixée à la. voûte de sa cellule ; dans cette position, il récitait ses prières ou donnait ses instructions aux moines pour la conduite du monastère. Il expira enfin le 30 septembre de l'année A20 , âgé d'environ soixante-douze ans \ après trente-quatre ans de séjour à Bethléem. Son regard mourant put rencontrer à ses côtés une fille des Scipions, cette Jeune Paula, son enfant spirituel dès le berceau. C'était la troisième génération de femmes que la plus illustre des maisons romaines envoyait à ce prêtre dalmate pour être ses anges gardiens au désert : celle-ci fut fange du dernier adieu. Nous ne savons rien des obsèques de Jérôme, sinon que son cercueil fut déposé où il favait ordonné lui-même, dans la roche creusée sur laquelle se lit encore aujourd'hui son nom.

La légende s'empara naturellement de cette vie marquée d'un cachet si poétique et parfois si étrange. Les hagiographes la remplirent de prodiges, et, à les en croire, nul lieu de la Judée ne fut plus abondant en miracles que le tombeau de Jérôme. La renommée de son immense savoir dans les saintes Écritures fit de lui une espèce d'initiateur des âmes aux choses divines dans l'autre vie, rôle que Dante, avec moins de raison, attribua plus tard à Virgile. On assura que trois fidèles, morts en invoquant son nom, et qui avaient voulu que leurs cadavres fussent étendus sous son cilice, ressuscitèrent à la vie, et rapportèrent que Jérôme avait guidé leurs âmes à travers le paradis, l'enfer et même le purgatoire, leur expliquant les mystères du monde surna-

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