‹ Saint JéromeChapitre 372 sur 387 · LIVRE XII. ôH · texte numérisé non relu

LIVRE XII. ôH

turel, l'ineffable félicité des élus et le terrible sort des mécbaiits ^

Le moyen âge, qui n'admirait la vie ascétique que dans la peinture des pères de la Tbébaïde, fit disparaître de l'ermitage de Bethléem les gracieuses figures d'Eustochium et de Paula, pour les remplacer par un lion, le protégé de Jérôme, puis son protecteur et son serviteur reconnaissant. Jérôme, suivant un biograplie du ix^ ou du x^ siècle, avait vu arriver dans sa cellule un lion d'une énorme grosseur, boitant d'une patte blessée, et il l'avait guéri '^ Ce lion se donna à lui, d'après la légende, et quand le monstrueux animal n'était pas aux pieds de son maître, il gardait dans les champs l'âne du monastère ^ faisait parfois l'office de bête de somme, écartait les voleurs et les eût mangés au besoin par fidélité. Cette fable eut une créance universelle au moyen âge, et plus d'un croisé de l'armée de Godefroy crut apercevoir dans les campagnes de Bethléem, parmi les rochers de la pairie de David, le saint ermite suivi de son lion. La légende est l'apothéose populaire des hommes d'élite : heureux qui sait la mériter! Nul n'en fut plus digne assurément que celui qui, caché au fond d'une caverne, en un coin de la Judée, fit battre tant de cœurs dans l'univers, et dont la vie solitaire nous fournit le plus vivant et le plus parfait tableau de son époque.

Une tradition de l'Église romaine raconte qu'au

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