X PREFACE
tout, auquel il aimait à être comparé : ses portraits sont alors sombres et terribles. Rien n'est plus etTrayant que ce personnage de Rufin-Grunnius, hypocrite, avare et voluptueux, qui s'enrichit des aumônes que la charité lui confie, et u festoie de la faim des pauvres. » Quand Jérôme peint ses amis, ses amies surtout, et le charme des campagnes de Rethléem, il a toutes les grâces de Théocrite. Nous chercherions en vain dans Tantiquité autant d'observations sur les femmes du grand monde païen ou chrétien ; sur leurs sentiments, leurs habitudes, leur vie domestique, leur toilette même. Paula, Eustochium, Marcella, Fabiola, sont des types qu'on ne saurait oublier quand on les a connus, et Jérôme nous fait habiter familièrement avec elles. Combien est touchante cette fidèle et sainte affection qui, née sous le marbre et Tor d'un palais de Rome, entre un prêtre dalmate et l'héritière des Scipions, ne finit qu'au bout de vingt-deux ans dans un monastère de Judée ! Inséparables dans la vie, ils veulent l'être aussi dans la mort, et préparent le lit de leur dormition dans les grottes bénies qui entourent la crèche du Sauveur.
A côté de la galerie de portraits, nous placerons les tableaux de voyage. Ce Père de l'Église fut un grand voyageur. Il parcourut presque tout l'univers connu de son temps. C'est de lui que nous vient ce mot qui distingue si bien le voyageur intelligent du simple curieux, Discendi sLudio peregrinationes inslUulœ sunt : « Tamour de l'étude a créé les voyages. » Jérôme rapportait ses