PREFACE. XI
observations de pérègrîn non-seulement à la foi (c'était son objet principal), mais à la philosophie, à l'histoire, à la poésie même. Il disait à propos de Futilité qu'en pouvait retirer la religion : « De même que l'on comprend mieux les historiens grecs quand on a vu Athènes, et le troisième livre de VÉnéide quand on est venu, par Leucate et les monts Acrocérauniens, de la Troade en Sicile, pour se rendre ensuite à Tembouchure du Tibre; de même on voit plus clair dans les saintes Écritures quand on a parcouru la Judée, interrogé les souvenirs de ses antiques cités, étudié sa géographie. »
L'historien de Jérôme doit donc se faire le compagnon de ses voyages en Grèce, en Syrie, à Rome, à Constantinople, en Egypte, en Palestine, pour y placer les remarques ou les simples impressions d'un observateur qui peint souvent d'un seul trait, souvent d'une simple allusion classique dont il faut chercher le sens dans l'histoire ou dans la fable. Quant à la Palestine, qu'il a habitée trente-cinq ans et qu'il parcourut fréquemment avec les plus savants rabbins de Tibériade et de Lydda dans un but scientifique, on peut dire qu'elle lui appartient. Ses œuvres nous sont aussi nécessaires aujourd'hui pour comprendre la Judée ancienne qu*à lui-même autrefois les deux Testaments et les Actes des Apôtres pour comprendre la Judée des Hébreux ou celle des chrétiens. Saint Jérôme est le vade mecum'de tout voyageur qui veut visiter fructueusement la Terre-Sainte.