Hieron., Ep. 18. — Ephrem., Parœnes
2. Cœnobitœ quos in commune viventes possumus appellare. Hieron., Ep. 18.
toute règle, livrés à l'indépendance absolue de l'inspiration ^ Plus avancée vers l'est et moins arrosée, cette partie du désert offrait à ses habitants des labeurs plus rudes et une solitude plus sinistre. En poussant encore vers l'est, on entrait dans la dernière zone, formée de sables nus et de montagnes pelées, demeure torride des bêtes féroces et des serpents, où les cavernes et le bord des sources étaient infestés de scorpions. C'était la région des anachorètes ou ermites dispersés et séquestrés de tout contact humain-: c'était aussi celle des austérités prodigieuses et des grandes hallucinations. Malheur à qui s'y hasardait sans une force d'âme et de corps à toute épreuve! Parmi ses habitants, les uns passaient jusqu'à trente années dans une cellule sans en franchir le seuil, sans voir une créature humaine, sans parler; d'autres se faisaient des demeures au fond de citernes desséchées d'où ils ne pouvaient plus sortir, et où on leur jetait de temps en temps quelques figues et du pain d'orge; d'autres enfin, privés de toute assistance et de tout voisinage, erraient sur les montagnes, sans gîte, sans nourriture, à la merci du hasarda On lesnommait les paissants'^ par assimilation aux animaux sauvages , qui vont chercher l'herbe où elle croît ; c'étaient les enfants perdus du désert. Un Père de l'Église syrienne recommandait aux cénobites d'écarter avec soin toute tentation de ce genre, et de ne se point