‹ Saint JéromeChapitre 59 sur 387 · Haec vox inter flagella resonabat. Hieron., l. c · texte numérisé non relu

Haec vox inter flagella resonabat. Hieron., l. c

me trouvais réduit, je lui fis serment, et lui dis en le conjurant par son saint nom: «Seigneur, si je garde «dorénavant et si je lis jamais des livres profanes, je veux «qu'on me traite comme si je vous avais renoncé.» Sur ce serment, on me laissa partir, et je revins au monde. On fut surpris de me voir rouvrir les yeux; mais ils étaient baignés d'une si grande abondance de larmes, la douleur dont je paraissais pénétré était si poignante, que les pkis incrédules durent ajouter foi à ma vision ^ » Était-ce vision? était-ce rêve? Jérôme, dont la puissante imagination savait donner un corps aux plus vagues illusions de la pensée, se le demanda plus d'une fois, et heureusement pour sa gloire, pour celle du christianisme occidental, il finit par n'y voir qu'un rêve; mais l'envie resta plus crédule que lui. A mesure que sa renommée s'étendit, que son talent, nourri des fortes éludes profanes, s'éleva dominant tous les autres, la tourbe des esprits médiocres et jaloux cria plus fort au parjure, et vint lui opposer impudemment à lui-même son rêve comme une vision -.

L'esprit de Jérôme se rasséréna peu à peu : il s'arrangea une vie d'études entremêlée de pratiques d'ascé-

1. In hsec sacramenti verba dimissus, revcrtoi- ad superos, et mirantibus cunctis oculos aperio, tanto lacrymarum imbre perfusos, ut etiam iiicredulis fidem facerem ex dolore. Hieron., Ep.'A^.

2. Audistis, quant novum, quam honorificum juramenti sui exposuerit genus, résidente in tribunalibus Judice Christo, assistentibus angelis... Revelatio... perjuria Ruf. in Hieron., II.

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