LIVRE II
De retour dans Antioche, il se remit au travail avec une ardeur et une suite querien ne vint plus interrompre. Il composa sa chronique, publiée plus tard à Gonstantinople, le dialogue contre les lucifériens, où il traite de matières tliéologiques, suivant la méthode de Cicéron et de Platon, la vie de Paul, ermite, ce moine si différent de ceux qu'il venait de quitter, et quelques autres de ses premiers ouvrages. Sa réputation d'homme érudit et éloquent s'établissaittellement dans l'Église orientale, que Paulin voulut se l'attacher en le faisant prêtre. Jérôme s'y refusa longtemps, et lorsqu'il y consentit de guerre lasse, il posa nettement ses conditions dans des termes qu'il nous fait connaître lui-même. « Mon père, dit-il à l'évêque au moment de son ordination, je ne t'ai point demandé le sacerdoce, et sien me donnant la qualité de prêtre tu ne m'ôtes pas celle de moine, je n'ai rien à objecter : c'est à toi de répondre du jugement que tu as porté de moi; mais si, sous le prétexte du sacerdoce, tu prétendais m'ôter la liberté de la solitude et me ramener dans le siècle auquel j'ai renoncé, tu te trompes, car pour moi cette liberté est le souverain bien. Maintenant agis comme tu voudras, mon nouvel état ne fera rien perdre comme il ne fera rien gagner à ton Église *. »
Le caractère indépendant de Jérôme se révélait ainsi avec une entière franchise. Sa répugnance pour toute chaîne et son éloignement des fonctions sacerdotales allèrent si loin que, s'il dit la messe le jour de son ordina-