‹ Saint JéromeChapitre 74 sur 387 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

paraître, était représenté par les évêques d'Egypte, venus pour soutenir la légalité delà convention i. Mélétius avait de son côté ses amis particuliers qui plaidaient la même cause; mais le bataillon des gens pacifiques était faible en nombre et sans courage ; aussi la masse compacte des évêques syriens, phrygiens, cappadociens, bithyniens, gens hardis, querelleurs, prompts à l'injure, âpres à la lutte; étouffa aisément leur voix. Mélétius, qui se trouva présider l'assemblée par le privilège de l'âge ou par celui du siège (l'évêché de Constantinople étant encore vacant), vit sa chaire de président transformée en une sellette d'accusé: on le réprimanda comme ayant agi contrairement aux canons; on cassa le pacte conclu entre lui et Paulin, on déclara ses prêtres relevés de leur serment. Tout cela se fit avec tant d'insultes, de mépris, de menaces que le malheureux vieillard, qui n'avait point bronché jadis devant les persécutions et l'exil, tomba malade des émotions de cette scène et mourut quelques jours après ^

Il eut cependant le temps d'introniser Grégoire de Nazianze; mais alors ce fut le tour de ce dernier. Gomme il demandait, après la mort de Mélétius, la reconnaissance de Paulin au nom de la paix, il se vit traiter de schismatique, de fauteur d'hérésie, d'homme vendu aux Occidentaux et traître à sa patrie religieuse. « Le Christ est né en Orient, lui criait-on comme un argument sans réplique; donc l'ÉgUse orientale doit commandera » Il se tut : que pouvait-on répondre à de pareilles raisons?

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