Hieron., Catal. Script, ecde s
temple de Dieu. » Son caractère affable et bienveillant le faisait rechercher du monde, non moins que la distinction de son esprit ; les patriciennes de Rome appréciaient fort son commerce, et ses assiduités auprès de certaines matrones avaient même donné lieu à des bruits médisants, démentis d'ailleurs avec indignation. Toutefois ces bruits semblaient étouffés depuis longtemps, lorsqu'on 366 le siège de saint Pierre devint vacant par la disparition de Félix et la mort de Libère : Damase se présenta pour l'occuper.
Il avait pour lui la saine partie du clergé, qui n'était pas précisément, alors comme toujours, la plus active et la plus habile. Une faction de diacres ambitieux, grossie de quelques prêtres jaloux, lui opposa un des leurs nommé Ursicinus ou plutôt Ursinus^ C'était en quelque sorte le parti des diacres contre les prêtres; — c'était aussi le parti des purs : beaucoup d'entre eux, en effet, ayant refusé de se rallier à Félix pendant l'exil de Libère, faisaient sonner bien haut leur martyre, quoiqu'ils eussent vécu fort paisiblement à Rome^ Ursin, candidat de ce parti à la papauté, était un homme entreprenant, alerte, passé maître en fait de brigues et de complots, assez mal famé pour ses mœurs. Chef d'une petite armée de diacres qui lui ressemblaient et battaient le pavé de Rome pour lui, il eut vite recruté agents et électeurs, soit dans les riches quartiers du patriciat, soit autour des échoppes de la plèbe. Tout lui parut bon à racoler, mimes ou cochers du cirque, et jusqu'à ces « mangeurs de saucisses et de trognons de choux, » populace
1. Urcisinus quidam ejusdem Ecclesise diaconus. Ruf., Hist. eccles., I. — Ursinus. Amm. Marc, xwii, 3. — Cf. Socr., iv, 29. — Sozom., yi,23.
2. Marcell. et Faust., Lucifer. lAb. prec. ad TlieocL, passim.