LIVRE III
immonde ayant domicile de jour et de nuit sur les gradins des amphithéâtres ^ Que cette tourbe fût catholique ou arienne, chrétienne ou polythéiste, c'était le moindre souci des amis d'Ursin : le zèle égalisait les rehgions, et l'argent provoquait le zèle. Préparée d'abord dans l'église de Saint-Jean-de-Latran, l'élection fut renvoyée, par les magistrats sans doute, dans celle de Saint- Laurent. Ce changement était favorable à Damase, qui devait trouver, dans ce quartier où il avait passé sa vie, ses partisans les plus nombreux et les plus fidèles. Néanmoins, au moment des votes, les suffrages se trouvèrent presque également divisés, tant la cabale d'Ursin avait été puissante. Damase, qui réunissait bien réellement la majorité des voix, fut proclamé, mais les ursiniens protestèrent : on en vint aux mains, on se battit dans l'église, on se battit hors de l'église, et le lieu saint, pris et repris, fut inondé de sang-. Maître du champ de bataille comme de l'élection, Damase fut ordonné par révêque d'Ostie, à qui appartenait le privilège traditionnel de consacrer les évoques de Rome^
Cette déplorable comédie se jouait dans les premières semaines du mois d'octobre 366. Ursin était battu, mais non vaincu; il en appela aux électeurs, dénonça la nomination de Damase comme nulle et doublement viciée par l'irrégularité des opérations électorales et par l'indignité du personnage ; puis, de son autorité privée, il convoqua le peuple à une seconde élection. Ses amis et lui la préparèrent en toute diligence. Tandis que des agents éhontés parcouraient les quartiers infâmes de