Ruf., Hist. eccles., ii
Rome, soulevant les passions et achetant les suffrages, d'autres, plus indignes encore, frappaient à la porte des palais pour y semer l'outrage et la calomnie contre le nouvel évêque. Alors fut reprise et amplifiée l'accusation, depuis longtemps démentie, d'un adultère commis par Damasedans sa jeunesse. Les diacres Amantius et Lupus se faisaient les colporteurs de ces calomnies. Ursin leur donna pour acolytes deux personnages vils parmi les plus vils, dont l'histoire a fait passer le nom jusqu'à nous. L'un était un juif espagnol nommé Isaac, converti au christianisme, puis relaps, et condamné par un concile (( pour avoir profané par sa rechute les mystères sacrés ^ » Ce misérable affichait des prétentions à la théologie, et on lui attribuait un assez mauvais livre sur le Saint-Esprit, écrit à l'époque de sa conversion. Ennemi personnel de Damase qui était originaire d'Espagne comme lui, et peut-être avait censuré son ouvrage, Isaac prétendait avoir en sa possession les preuves de cet adultère imputé au prêtre de Saint-Laurent; sommé plus tard de les produire devant les juges, il se reconnut luimême pour un imposteur. L'autre était un eunuque appelé Paschasius, impur dans ses mœurs, fourbe, avare, perfide comme ses pareils; poussé par Ursin, il osa porter jusqu'à l'empereur Gratien, à titre de mémoire explicatif, un libelle plein d'obscénités qui lui valut d'être chassé de la présence du prince et exilée Ces trames
1. Sic denique factio profecit Ursini, ut Isaac Judgeo subornato, qui, facto ad synagogamrecursu, cœlostia mysteria profanavit. Concil. Roman. Epist. ad Gratian. et Valentin., ap. Gothofr. Cod. Tlieod., append., t. VI, p. 18.
2. Longe alienus ab omni vcrecundia, per abscissum hominem, Paschasium signiferum furoris sui, missis litteris... Einst. i Concil. AquiL ad Gratian,, ap. Gothofr., ub. supr.