LIVRE III
étaient bien ourdies, et il fallut du temps pour les rompre; en attendant, l'imposture achevait son œuvre, et les ennemis de Damase devenaient chaque jour plus nombreux.
A l'opposite de l'église de Saint-Laurent, dans le quartier du montEsquilin, le plus oriental de Rome, non loin du marché de Livie, se trouvait une vieille basilique, construite autrefois par Sicinius, et appelée de son nom Sicinine^ Libère, avec l'autorisation des magistrats, s'en était jadis emparé et l'avait consacrée aux usages du culte chrétien; aussi l'appelait-on encore la basilique de Libère : elle servait fréquemment de lieu de réunion pour les délibérations ecclésiastiques ^ C'est là qu'Ursin convoqua, le 25 octobre 366, au lever du soleil, l'assemblée de ses partisans pour faire déclarer nulle l'élection de Damase et procéder à la sienne. Cette basilique longeait la grande voie qui conduisait à Tibur. Comme on avait besoin d'un évêque pour la cérémonie projetée, on était allé chercher celui qui résidait dans cette ville, Paulus, homme d'une simplicité agreste et d'une grossièreté sans égale ^ — étrange évéque, ignorant à la fois et les règles propres à toute ordination épiscopale, et les traditions particulières de l'Église de Rome. Amené vers Ursin pour être son consécrateur, il fut en quelque sorte gardé à vue jusqu'au moment où on ferait appel à son ministère.
1. In basilica Sicinini ubi ritus christiani est conventiculum. Amm. Marc, XXVII, 3. — In Macello Liviae. Anast. Bibliothec, m Liber. — In regione quinta, juxta forum Esquilium, non longe a Macello Liviano. Panvin., Descriptio Urbis.
2. Basilica Liberii. Marcell., Prœfat. Lib. prec. ad Valentin. — TÔTïov Tïi? BaaO.ixïi; I^iêiv-Tj;. Socr., iv, 29.