Ruf., Hist. eccles., u, 10. — Marcell., Lib. prec
Dès l'aube du jour, une masse de peuple dans laquelle on remarquait beaucoup de femmes et d'enfants s'était portée sur la basilique Sicinine, où la délibération commença au milieu du plus grand tumulte. On cassa comme illégale l'élection précédente, et probablement aussi on prononça l'indignité personnelle de l'élu: l'élection d'Ursin vint ensuite, sans rencontrer, on le pense bien, aucune difficulté ^ On en était là quand un bruit formidable retentit hors des portes : c'étaient les partisans de Damase, qui, ameutés à leur tour, accouraient pour dissoudre l'assemblée; ils brandissaient des haches, des épées, des bâtons. Bientôt des soldats, envoyés par le préfet de la ville pour dissiper un rassemblement qui menaçait la paix publique, se joignirent à eux, leur prêtant main-forte. A l'approche de cette troupe marchant en bon ordre, les ursiniens se replièrent sur la basilique- et s'y barricadèrent à la hâte : — sans hésiter, les autres entreprirent d'enfoncer les portes à coups de hache et de levier. Mais la défense fut si vigoureuse, qu'aucun des partisans de Damase ne parvint à forcer l'entrée. Trompés dans leur attente, les assiégeants grimpent sur le toit, le démolissent, et font pleuvoir à l'intérieur une grêle de poutres et de tuiles, à laquelle répond du fond de la basilique un affreux concert de cris d'angoisse, de vociférations et de blasphèmes. Les soldats pendant ce temps, pour ne pas rester oisifs, déchargent sur ces malheureux leurs flèches et leurs javelots par les brèches des murs ou les fissures des portes^. La basilique cependant demeurait toujours