LIVRE III
close : alors, pour en finir avec la résistance, on met le feu à l'édifice, et la flamme se répapcl sur les maisons voisines. Près d'être étoufî'és ou brûlés, les assiégés ouvrent enfin leurs portes, culbutent la ligne ennemie dans une sortie impétueuse et gagnent les rues de la ville. Quand le vainqueur entra, la forteresse était remplie de blessés et de morts : le sang y coulait par ruisseaux : on en retira, les uns disent cent trente-sept, les autres cent soixante cadavres^ Ursin, pendant la bataille, s'était esquivé par un passage secret, et, retiré dans un coin obscur qui ne dépendait pas de l'église, recevait furtivement la consécration des mains de l'évêque Paulus, son prisonnier-.
Cette guerre soudaine en pleine paix, ce feu mis à un quartier de Rome, éveillèrent la ville en sursaut; tout le monde fut debout. La populace s'agitait déjà, excitée par l'appât du pillage. Le préfet de la ville, Juventius, appela les troupes urbaines de leurs cantonnements; mais, soit qu'il fût obligé de céder à Témeute, soit plutôt qu'il voulût éviter une trop grande effusion de sang, il fit retraite bors des murs et se tint en observation dans un faubourg l Le préfet de l'annone Maximinus, qui s'était attiré la baine du peuple dans l'exercice de ses distributions de vivres, jugea opportun d'en faire autant : la ville se trouva donc livrée à elle-même au milieu d'une révolution. La partie honnête et pacifique de la population romaine, et Damase à sa tête, intervinrent pour calmer les esprits ; peu à peu les choses reprirent leur physionomie habituelle, et les pré-