Amm. Marc, xxvii
fets rentrèrent dans la ville. Les schismatiques cependant avaient occupé la plupart des basiliques, et Ursin allait de l'une à l'autre, ordonnant en masse des diacres et des prêtres pour se composer un clergé nombreux et redoutable : Juventius les en fit débusquer successivement par ses soldats. Cbassés de la ville, les ursiniens se retranchèrent dans les cimetières et les églises de la banlieue, où ils entraînèrent à leur suite une foule égarée : il fallut les en expulser de vive force, et la basilique de Sainte -Agnès- hors -des -Murs subit un sanglant assaut ^ Quand la banlieue eut été balayée de ces bandes fanatiques , elles se répandirent dans toute l'Italie, où plus d'un évoque se rangea du côté du schisme.
Cependant le préfet de l'annone, chargé de faire une enquête juridique sur les derniers événements, la dirigeait avec toute la dureté de son caractère. Né en Pannonie de souche barbare, fils d'un simple employé des contributions à l'office présidial. Maximinus s'était élevé, du rang d'avocat médiocre et obscur, aux fonctions administratives les plus importantes- par un semblant d'impartiale sévérité qui n'était au fond que brutalité et inintelligence.il ne mettait dans ses arrêts ni pondération ni mesure; pour lui la justice n'était qu'une guerre de torture, de geôle, de bannissement, faite à des coupables, vrais ou présumés, et non un moyen de réprimer ou de prévenir le crime. Des prêtres furent mis à la question, d'autresbannisen des lieux éloignés, le plus grand nombre exclus du séjour de Rome^ Ursin et les siens crièrent au
i. Marcell. et Faust., Lib. prec. ad Valent. — Sozom., vr, 23. — Socrat., IV, 29.