LIVRE III
martyre plus haut que jamais, et l'odieux de ces mesures excessives retomba sur Damase, qui ne les avait point provoquées ^
Le trouble fut bientôt dans tout l'Occident. Rome conserva un noyau de schismatiques opiniâtres qu'aucune persuasion, aucune menace ne réussit à détruire ; en Italie, les évêques de Parme et de Pouzzoles se retirèrent outrageusement de la communion de Damase - ; pendant ce temps Ursin, escorté d'Isaac et de Paschasius, allait de diocèse en diocèse, demandant un concile pour le juger, et assourdissant l'empereur Valentinien de ses plaintes. Incertain de ce qu'il devait croire, fatigué peut-être de tant de tracasseries, l'empereur laissa Ursin rentrer dansPiome : celui-ci reprit alors avec plus d'audace sa guerre de diffamation et de calomnie. Se portant hautement l'accusateur de Damase, il s'efforça de paralyser entre les mains du chef de l'Église romaine la juridiction très-étendue que des lois récentes lui conféraient : c'était un moyen de lasser l'Église elle-même. « J'ai accusé Damase devant Auguste, disait-il, je l'ai accusé devant les évêques, je demande qu'il soit jugé par un concile : or un accusé ne peut être juge, ses arrêts sont à l'avance frappés de nullité. Damase ne peut donc connaître d'aucune cause ecclésiastique ; la justice du siège de Pierre est suspendue. » Ces déclarations jetaient l'inquiétude dans tous les esprits, et le désordre public devint lamentable. Piévoquant sa première décision, Valentinien se décida de nouveau à bannir de Piome