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à un exil perpétuel. Gratien (c'était lui qui gouvernait •alors) obtempéra sur tous les points aux demandes du concile, qui déposa en outre ou suspendit les évêques italiens auteurs et propagateurs du schisme ^
Telle était la déplorable histoire du pontificat de Damase. Jérôme avait assisté aux troubles de son avènement, lorsqu'il étudiait à Rome en 366 : il retrouvait maintenant ce même pape, qui l'avait baptisé, accablé de chagrins plus encore que d'années, et obtenant à peine une tardive justice après seize ans de persécutions. Ce spectacle dut le toucher profondément. Trop de sympathie secrète existait entre la victime des vices du clergé romain et celui qui voulait en être le réformateur, pour qu'il ne résultât pas de leur rapprochement une affection sincère. Jérôme en effet aima Damase de l'amour respectueux d'un fils; il le vénérait, et nous affirme que jamais homme n'avait eu plus sainte et plus noble vie^
Déjà Damase avait tenté pour son compte, et en s'appuyant sur le pouvoir civil, cette même réforme de l'Église qu'il allait entreprendre avec Jérôme, en s'appuyant sur le pouvoir tout moral de la persuasion. En 370, il avait provoqué de l'empereur Valentinien P"" une loi célèbre dont j'ai parlé au commencement de ces récits. Désireux de réprimer l'amour effréné de l'argent, vraie source des désordres de l'Église romaine, l'auguste avait enlevé aux ecclésiastiques et aux moines le droit de rien recevoir des femmes et des vieillards à titre de donation ou legs ; il avait même, contre l'usage, pris soin d'adresser son rescrit à Damase, l'invitant à le
1. Ep. 3 Concil. Rom.— Rescript. Gratian. Aug., ub. supr.— Cowci/. Roman., 1. c. *