XII INTRODUCTION
raccompagnons a Rome, à Milan, à Cassisiacum, à Ostie, sur ce rivage qui vit Textase du fils et de la mère, et qui, jusqu'au quinzième siècle, devait garder la précieuse dépouille de celle-ci. Mais ces voyages, la nécessité ou certaines convenances les avaient imposés à Augustin ; une fois de retour en Afrique, une fois installé dans sa ville épiscopale , il n'est plus sorti d'Hippone qu'appelé à Carthage par les devoirs de sa charge, et il a laissé ses lettres et ses ouvrages parcourir sans lui l'empire romain. Que lui importait le spectacle du monde extérieur? Sans négliger, ni le troupeau modeste auquel il rompait le pain de la parole, ni ces âmes innombrables qui de toutes parts recouraient à ses lumières, Augustin vivait en présence des vérités éternelles ; leur horizon lui a suffi, et il n'en a pas désiré d'autre. A la différence de ces deux grands hommes, Jérôme a été un voyageur. Il Ta été par goût; son ardente et inquiète imagination, son humeur aventureuse, l'entraînèrent des confins de la Dalmatie et de la Pannonie où il était né et de Rome où il avait étudié les lettres, dans les Gaules, en Asie, en Egypte. Le désir d'apprendre, plus encore que le désir de voir, fit d'une partie de sa vie un incessant pèlerinage. « Il entreprend à travers le monde romain », a-t-on dit, « de longs et pénibles voyages, cherchant à acquérir dans la société des hommes une expérience que les livres ne donnent
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pas, et s'arrêtant dans toutes les villes où il a quelque chose à apprendre. Nous le voyons tantôt à Trêves qui possédait une des plus florissantes écoles de rOccident, tantôt à Antioche et à Constantinople... Il connaît les trois langues, le latin, le grec et l'hébreu, et, s'il ne possède pas le grec aussi bien que le latin, il le sait du moins autant qu'aucun Romain de son époque. » (Henri Gœlzer, Étude lexicographique et grammaticale de la latinité de saint Jérôme, Introduction, i.) Jérôme lui-même semble avoir voulu justifier par d'illustres exemples ses goûts voyageurs. « Nous lisons, » écrivait-il à saint Paulin, « que plusieurs ont parcouru des provinces, abordé chez des peuples inconnus, traversé les mers, pour voir en face ceux qu'ils ne connaissaient que parleurs ouvrages. Ainsi Pythagore visita les sages de Memphis ; ainsi Platon visita l'Egypte et Archytas de Tarente, et, au prix des plus dures fatigues, parcourut cette côte de l'Italie qu'on appelait autrefois la Grande-Grèce. Celui qui dans Athènes était maître et puissant, se fit étranger et disciple, aimant mieux apprendre avec modestie les sentiments d'autrui que d'enseigner les siens avec une témérité imprudente. » {Epist, LUI.
Ad Paulinum, i.)
D'ailleurs, ne l'oublions pas, la science que Jérôme poursuivait, c'était avant tout celle de l'Ecriture et de la tradition ; comme l'a dit Villemain,