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d'Aquin, doit entrer en ligne de compte; mais ce principe ne saurait autoriser contre les Saintes Lettres le moindre soupçon d'erreur; la saine philosophie tient, en effet, pour certain que, dans la perception immédiate des chcses qui constitue leur vbjet propre de connaissance, les sens ne se trompent nullement. De plus, après avoir écarté toute distinction et toute possibilité d'équivoque entre ce qu’on appelle l'élément principal et l'élément secondaire, Notre prédécesseur montre clairement la très grave erreur de ceux qui estiment que «pour juger de la vérité des propositions il faut sans doute rechercher ce que Dieu a dit, mais plus encore peser les motifs qui l'ont fait parler ». Léon XIII enseigne en outre que l'inspiration divine atteint toutes les parties de la Bible, sans sélection ni distinction aucune, et qu’il est impossible que la moindre erreur se soit glissée dans le texte inspiré: « Ce serait une faute très grave de restreindre l'inspiration à certaines parties seulement de la Sainte Ecriture ou d'admettre que l’auteur sacré lui-même se soit trompé. »
Opinion qui restreint l’historicité des Livres Saints (théorie des apparences appliquée à l’histoire)
La doctrine de l'Eglise, confirmée par l'autorité r: saint Jérôme et des autres Pères, n’est pas moins 1réconnue par ceux qui pensent que les parties historiques des Ecritures s'appuient non point sur la vérité absolue des faits, mais seulement sur leur vérité relative, comme ils disent, et sur la manière générale et populaire de penser. Ils ne craignent pas de se réclamer, pour soutenir cette théorie, des paroles mêmes du pape Léon Xill, qui aurait déclaré qu'on peut transporter dans le do-
maine de l’histoire les principes admis en matière de phénomènes naturels. Ainsi, de même que dans l'ordre physique les écrivains sacrés ont parlé suivant les apparences, de même, prétend-on, quand il s'agissait d’événements qu’ils ne connaissaient point, ils les ont relatés tels qu’ils paraissaient établis d’après l'opinion commune du peuple ou les relations inexactes d’autres témoins; en outre, ils n’ont pas mentionné les sources de leurs informations et n’ont pas personnellerent garanti les récits empruntés à d’autres auteurs.
A quoi bon réfuter longuement une théorie gravement injurieuse pour Notre Prédécesseur en même temps que fausse et pleine d’erreurs? Quel rapport y a-t-il, en effet, entre les phénomènes naturels et l’histoire? Les sciences physiques s'occupent des objets qui frappent les sens et doivent dès lors concorder avec les phénomènes tels qu’ils paraissent; ï’histoire, au contraire, écrite avec des faits, doit, c’est sa loi principale, cadrer avec ces faits tels qu’ils se sont réellement passés. Comment, si l’on admettait la théorie de ces auteurs, sauvegarderait-on au récit sacré cette vérité, pure de toute fausseté, à laquelle Notre Prédécesseur déclare, dans tout le contexte de sa Lettre, qu'il ne faut point toucher? Quand il affirme qu’il y a intérêt à transporter en histoire et dans les sciences connexes les principes qui valent pour les sciences physiques, il n'entend pas établir une loi générale et absolue, il indique simplement une méthode uniforme à suivre pour réfuter les objections fallacieuses des adversaires et défendre contre leurs attaques la vérité historique de la Sainte Ecriture.
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Opinion qui conteste l’objectivité du récit sacré (données de la croyance populaire)
Si seulement les partisans de ces nouveautés s’en tenaient là! Ne vont-ils point, pour défendre leur opinion, jusqu’à s2 réclamer du Docteur dalmate? Saint Jérôme, à les en croire, aurait déclaré qu'il faut maintenir l’exactitude et l’ordre des faits historiques dans la Bible «en prenant pour règle non la réalité objective, mais l’opinion des contemporains » et que telle est la loi propre de l’histoire# Qu'ils s'entendent bien à déformer, pour les besoins de leur cause, les paroles du saint Docteur! Sa véritable pensée ne peut faire doute pour personne: il ne dit pas que dans l’exposé d. : faits l'écrivain sacré s’accommode d'une fausse croyance populaire à propos de closes qu'il ignore, mais seulement que, dans la désignation des personnes et des objets, il adopte le langage courant. Ainsi, quand il appelle saint Joseph La de Jésus, il indique lui-même clairement dans tout le cours de son récit comment il entend ce nom de père.
Dans la pensée de saint Jérôme, la « vraie loi de l’histoire » demande au contraire que, dans l'emploi des dénominations, l'écrivain s’en tienne, tout danger d'erreur écarté, à la façon générale de s'exprimer; car c’est l'usage qui est l'arbitraire et la règle du langage. Eh quoi! notre Docteur va-t-il mettre les faits que raconte la Bible sur le même pied que les dogmes que nous devons croire de nécessité de salut? De fait, voici ce que nous lisons dans son commentaire de l’Epître à Philémon: « Pour moi, voici ce que je dis: Un tel croit au Dieu Créateur; cela ne lui est pas possible, tant qu’il ne croit pas à la