‹ Saint Jérôme et les Saintes Écritures [microforme]Chapitre 14 sur 49 · S. Aug. Contra Faustum XXVI, 3 sq. 6 sq · texte numérisé non relu

S. Aug. Contra Faustum XXVI, 3 sq. 6 sq

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traits acérés contre ces imprudents qui, au mépris du sentiment et du jugement de. l'Eglise, recourent trop aisément au système qu’ils appellent système des citations implicites ou des récits qui ne seraient historiques qu’en apparence, prétendent découvrir dans les Livres Saints tels procédés littéraires inconciliables avec l’absolue et parfaite véracité de la parole divine, et sur l’origine de la Bible professent une opinion qui ne va à rien de moins qu’à en ébranler l’autorité ou même la réduit à néant.

Opinion qui nie l'intégrité matérielle du texte sacré (compilations hétérogènes)

Que penser maintenant de ceux qui, dans l'explication des Evangiles, s’attaquent à leur autorité tant humaine que divine, amoindrissent celle-là et détruisent celle-ci? Discours, action de Notre-Seigneur Jésus-Christ, rien, pensent-ils, ne nous est parvenu dans son intégrité et sans altération, malgré le témoignage de ceux qui ont consigné avec un soin religieux ce qu’ils avaient vu et entendu; ils ne voient là — surtout pour ce qui est du quatrième Evangile — qu’une compilation comprenant, d’une part, des additions considérables dues à l’imagination des Evangelistes, et, d’autre part, un récit de fidèles d’une autre époque; finalement, ces courants issus d’une double source ont aujourd’hui si bien mêlé leurs eaux dans le même lit qu’on n’a absolument aucun critérium certain par quoi les distinguer.

Ce n’est pas ainsi que les Jérôme, les Augustin et les autres Docteurs de l'Eglise ont compris la valeur historique des Evangiles, dont « celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est vrai, et il sait qu'il dit

vrai, afin que vous aussi vous croyiez ».4 Aussi bien, après avoir reproché aux hérétiques, auteurs d’évangiles apocryphes, d'avoir visé plus à bien ordonner le récit qu'à établir la vérité historique, saint Jérôme ajoute par contre, en parlant des Livres Canoniques: « Personne n’a le droit de mettre en doute la réalité de ce qui est écrit. »“7 Ici encore, il était de nouveau d'accord avec saint Augustin, qui disait excellemment en. parlant des Evangiles: « Ces choses vraies ont été écrites en toute fidélité et véracité à son sujet, afin que quiconque croit à son Evangile se nourrisse de vérité au lieu d’être le jouet de mensonges. »15

Les idées mêmes du Christ

Vous voyez dès lors, Vénérables Frères, avec quelle ardeur vous devez conseiller aux enfants de l'Eglise de fuir avec le même soin scrupuleux que les Pères cette folle liberté d'opinion. Vos exhortations seront suivies dans la mesure où vous aurez convaincu les clercs et les fidèles confiés par l'Esprit-Saint à votre garde de l’idée que saint Jérôme et les autres Pères de l'Eglise n’ont puisé cette doctrine sur les Saints Livres nulle part ailleurs qu’à l’école du divin Maître Jésus-Christ. Lisonsnous, en effet, que Notre-Seigneur ait eu une autre conception de l’Ecriture? Les formules « I] est écrit » et « I] faut que l’Ecriture s’accomplisse » sont sur ses lèvres un argument sans réplique et qui doit clore toute controverse. Mais insistons plus à loisir sur cette question. Qui ne sait ou ne se souvient que dans ses discours au peu-

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