In Ier, IX. 1 29. Ep. LEXVIIT, XXX, al. 28, mansio
tament, certains « esprits à courte vue » lui reprochaient amèrement d’avoir tenté, «au mépris de l'autorité des anciens et de l'opinion du monde entier, de faire certaines retouches aux Evangiles », il se contente de répondre qu’il n’était pas assez simple d'esprit ni assez lourdement naïf pour penser qu’une parcelle des paroles du Seigneur eût besoin d’être corrigée ou ne fût pas divinement inspirée. Commentant la première vision d’Ezéchiel sur les quatre Evangiles, il remarque: « Celuilà ne trouvera pas étrange tout ce corps et ces dos parsemés d’yeux, qui s’est rendu compte que du moindre détail des Evangiles jaillit une lumière dont le rayonnement éclaire le monde au point que tel détail même qu'on croit négligeable et vulgaire rayonne de tout l'éclat majestueux de l’Esprit-Saint. » 5!
Or, ce privilège qu'il revendique ici pour les Evangiles, il le réciame, en chacun de ses commentaires, pour toutes les autres « paroles du Seigneur » et en fait la loi et la base de l'interprétation catholique; tel est, d’ailleurs, le critérium qu’emploie saint Jérôme lui-même pour distinguer le vrai du faux prophète.5? « Car la parole du Seigneur est vérité et, pour lui, dire et réaliser, c'est tout un »°#, et il n’est pas permis d’accuser RSR a 24 ture de mensonge % ni même d'admettre dans son texte ne fût-ce qu’une erreur de nom.%5 Au reste, le saint Docteur ajoute qu’il «ne traite pas de la même façon les apôtres et les autres écrivains », c’est-à-dire les auteurs
. Ep. tr. à 1 sq.
. In Ex. I, 1
. In Mich. n. ñ sq.; III, 5 sq.
. Mich. IV,
. in Ier. XXXT ‘35 s
. Nah. I, 9. — Ép. LVII, VII, 4.
profanes; «ceux-là disent toujours la vérité; ceux-ci, comme il arrive aux hommes, se trompent sur certains points »% et bien des affirmations de l'Ecriture qui paraissent incroyables ne laissent pas d’être vraies; dans cette « parole de vérité» on ne saurait découvrir de choses ou d’affirmations contradictoires, «aucune discordance, aucune incompatibilité »;* par conséquent, « si l'Ecriture contenait deux données qui paraîtraient s’exclure, l’une et l’autre » resteraient « vraies », « en dépit de leur diversité ».%°
Fortement attaché à ce principe, s’il lui arrivait de rencontrer dans les Saints Livres des contradictions apparentes, Jérôme concentrait tous ses soins et les efforts de son esprit à résoudre la difficulté; jugeait : iution encore peu satisfaisante, il reprenait, quand juxcasion s’en présentait, et sans se décourager, l'examen de cette difficulté, sans arriver toujours à la résoudre parfaitement. Jamais, du moins, il n'impute aux écrivains sacrés la moindre imposture —- « Je laisse cela aux impies, tels Celse, Porphyre, Julien. »* Il était en cela pleinement d'accord avec saint Augustin: celui-ci, lisons-nous dans une de ses lettres à saint Jérôme lui-même, portait aux seuls Livres Saints une si respectueuse vénération qu'il croyait très fermement que pas une erreur ne s’est glissée sous la plume d’aucun de leurs auteurs; aussi, s’il rencontrait dans les Saintes Lettres un passage qui parût contraire à la vérité, loin de crier au mensonge, il en accusait une altération du manuscrit, une erreur de tra-