X PREFACE
l'histoire et que, sous réserve de nouvelles informations que la découverte récente de la lettre d'Anastase à Venerius(l) et les belles et fructueuses investigations de Dom Morin (2) nous permettent d'espérer, les travaux des Vallarsi, des Fontanini, des Rubeis qui n'ont encore été ni confrontés ni coordonnés nous fournissent désormais assez d'éléments pour tenter cette entreprise et pour motiver notre jugement en connaissance de cause. 11 faut d'abord reprendre la chronologie tout entière par la base : pour la première fois, les dates fixées par la science contemporaine pour la mort des papes saint Sirice et saint Anastase (3) nous permettent de situer avec une approximation suffisante les principaux faits de la querelle sans la gêne qui met un Vallarsi à la torture et l'accule à l'invraisemblable et à l'impossible. Il faut aussi donner une solution définitive à la grave question du retour de Mélanie*et de celui de Rufin qui divise Fontanini et de Rubeis et sur laquelle tous les contemporains ont suivi les errements de l'ancienne chronologie. Il y a d'autre part de profondes lacunes à combler. C'est ainsi qu^il reste à marquer le lien étroit des événements de Palestine et des affaires de Rome, à expliquer le caractère du livre contre Jean de Jérusalem, à faire connaître les travaux et les manœuvres par lesquels Rufin préluda en Italie à sa traduction des Principes d'Origène et à ses attaques contre son ancien ami, à éclairer la curieuse figure de ce personnage qui occupe une place considérable dans l'histoire ecclésiastique et sur lequel on en est encore après Fontanini lui-même aux
(1) Cf. Ch. vni.
(2) Anecdota Maredsolana, cf. npte, au Ch. II.
(3) Mgr. Duchesne. Lib. Pontif.