‹ Saint Jérôme et ses ennemisChapitre 5 sur 32 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

vagues aperçus de Baronius et de Tillemont, à étudier son livre si remarquable et si peu connu contre saint Jérôme, à mettre en lumière la valeur historique et littéraire des Apologies dont personne, sauf Thierry dans quelques lignes de son ouvrage, ne semble être même avisé. Enfin et surtout, si le procès est à instruire encore sur plus d'un point, raffaire est à réviser dès le principe pour n'avoir jamais été envisagée qu'accidentellement au cours d'une biographie .ou à l'occasion d'une controverse théologique.

Il est nécessaire de remettre cet épisode à sa place dans le cadre de la vie eldeToeuvre polémique de saint Jérôme, et de les expliquer l'un par l'autre. Si notre auteur a laissé le souvenir d'un rude batailleur autant que d'un ascète austère et d'un lettré déhcat et érudit, s'il a mérité d'être appelé le lion de la polémique chrétienne (1), n'est-il pas étrange en effet que les historiens de la littérature aient négligé comme d'un commun accord ses écrits polémiques et qu'Ebert (2) lui-même ne compte à son actif littéraire que les lettres, les vies des Saints et les ouvrages historiques? Quand on s'aperçoit au contraire que cette œuvre, contemporaine de la prodigieuse activité de son esprit, suit et défend pas à pas la double tâche de vulgarisation scripturaire et de propagande ascétique qui l'occupa de 385 à 420 à Bethléem, qu'elle a tout son intérêt dans cette Rome qu'il a quittée pour toujours et où il ne cesse de rester présent ; quand on considère qu'à côté d'œuvres de première importance comme les livres contre Joviiiien, contre Rufîn, contre Pelage, elle embrasse une centaine de pré-

(1) Montalembert. Les moines d'Occident, III.

(2) Hist, univ. de la Litt. au Moyen Age, I.

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