‹ Saint Jérôme et ses ennemisChapitre 6 sur 32 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

faces et de lettres dont quelques-unes sont à elles seules de petits livres (libelii) ; quand enfin on découvre Tunité et la continuité de cette polémique qui intéressa également sa personne et son œuvre ; quand on constate que la querelle avec Rufin en marque le point culminant, que c'est le moment critique de cette longue existence de labeur et de lutte qui a fait sa gloire, n'est-on pas en droit de se demander si d'étudier cette querelle dans l'ensemble de sa vie militante ne serait pas le meilleur moyen de connaître Thomme et si d'autre part ses œuvres polémiques qui sont aussi les plus originales qui soient sorties de sa plume, ne seraient pas aussi les plus intéressantes pour l'histoire de la littérature, comme M. Gœlzer(l) reconnaît qu'elles le sont pour l'histoire de la langue? Si donc c'est dans cette étude complète que réside surtout l'intérêt de cet essai, notre travail ne manquera pas de nouveauté s'il réussit à revendiquer pour la littérature chrétienne latine des œuvres qu^elle ignore et si pour la première fois il nous permet de comprendre le rôle de saint Jérôme dans le tumulte suscité par Jovinien ou dans la controverse pélagienne, aussi bien que vis à vis de Rufln et de ses ennemis, vis à vis d'Origène et de l'origénisme, en un mot dans la polémique religieuse et dans la société chrétienne de son temps.

Tel est notre sujet, tel est notre plan : étudier les conditions historiques des œuvres polémiques de saint Jérôme; étudier en particulier ces Apologies qui en occupent le centre et les venger en même temps que les Invectives de

(1) Etude lexicographique et grammat. sur la latinité de saint Jérôme, Paris, 1884, cf. l'Introduction.

Page 1