‹ Saint JérômeChapitre 111 sur 192 · III, 33 (PL, XXIII, 431, C D · texte numérisé non relu

III, 33 (PL, XXIII, 431, C D

" Contra lohann. Hierosol. X et XIII (PL, XXIII, 363 et 365).

* Contra lohann. Hierosol. IX (PL, XXIII, 363, D).

sur ce sujet le confirme pleinement. Il déclare que c'est un an après son séjour à Bethléem, c'est-à-dire après les incidents de Pâques avec Jean, que l'ordination eut lieu {Epist. LI, i, fin) : « Post haec scripsimus ad sanctos presbyteros monasterii et ceteros fratres et increpavimus quare non scripsissent super eo cum, ante annum, multos eorum queri audissem cur non haberent etc. » C'est donc aux premiers mois de 394 que cette ordination a eu lieu, puis les plaintes de Jean à ce sujet et l'Apologie écrite d'Êpiphane, traduite peu après, alors qu'elle avait reçu une large publicité, par saint Jérôme pour le compte d'Eusèbe de Crémone {Epist. LI). Jean n'ayant rien répondu, c'est alors aussi (394, été) qu'il faut placer les lettres répétées d'Êpiphane invitant les moines de Jérusalem et de Bethléem à rompre avec leur évêque ^. La traduction de la lettre d'Êpiphane eut lieu dans les six mois qui suivirent la publication; sa divulgation, quelque dixhuit mois plus tard (Eptst. LVII, 2) : « Ante hoc ferme biennium miserat lohanni episcopo... Res ita anno et sex mensibus transiit. » Il faut cependant compter dans l'intervalle de ce biennium, le temps écoulé entre la divulgation et le moment où Jérôme écrit la lettre LVII, alors que sa traduction a été non seulement discutée à Jérusalem, mais envoyée à Rome avec un commentaire défavorable et a fait depuis l'objet d'une communication de Pammachius. Les deux années écoulées portent, si l'on donne au ferme une valeur assez large, à fin 395 (394-395) ou plus strictement aux premiers mois de 396.

Grâce au Contra lohannem et à la lettre LXXXII à Théophile, dont Vallarsi a bien vu que c'étaient des documents se rapportant à la même période, il est facile de fixer les événements de cette année 396. Vallarsi a eu le tort de donner à ces deux documents la date de 399, par une fausse interprétation de certains synchronismes. Il est sûr qu'ils sont antérieurs à la réconciliation. Or celle-ci eut lieu avant le départ de Rufin pour l'Occident. L'année de ce départ est indiquée de la façon la plus nette

1 Contra lohan. Hierosol. XXXIX (PL, XXIII, 392, B).

LA CONTROVERSE ORIGENISTE 35

par saint Jérôme * : « Paulinianus et Eusebius post annum vestrae navigationis profecti sunt. » La date du départ d'Eusèbe est bien connue : c'est Pâques 398. Rufin a donc quitté l'Orient au printemps de 397. Et la lettre LXXXII à Théophile et le Contra lohannem sont donc antérieurs ^. De plus, ces deux documents étant parallèles, il est facile de voir que la lettre est postérieure au traité, qu'elle résume par endroits. Psychologiquement elle représente un état d'esprit un peu différent et plus disposé à la conciliation. Alors que le traité insiste sur le côté dogmatique de la querelle et témoigne d'une opposition à peu près irréductible à l'égard de Jean, la lettre, tout en mentionnant les griefs dogmatiques, n'y insiste pas et ne met en cause sérieusement qut l'arrogance de l'évêque vis-à-vis des moines. Elle offre la paix si des conditions acceptables sont proposées. Dans le traité, il n'est fait allusion qu'aux événements des années 393-396. Tout roule sur les incidents de Jérusalem en 393, et l'ordination de Paulinien en 394, Il y est explicitement question d'un triennium écoulé depuis le début de la querelle (393-396). Certaines données avaient fait penser à 399 : le commentaire sur l'Ecclésiaste (389 ?) est composé dix ans plus tôt; il y a treize ans écoulés depuis que Jérôme et Vincent ont des relations avec Jean (évêque depuis 386) ^. Il faut y voir des nombres approximatifs ou des défaillances de mémoire. Cette date est absolument incompatible avec le contenu de l'ouvrage et le ton qui respire la bataille dans toute son ardeur.

Il résulte du Contra lohann. Hierosol. XLII : ;< ante paucos menses circa dies Pentecostes » '', que le traité a été composé à l'automne ou au début de l'hiver de 396 : la Pentecôte étant, cette année-là, le i" juin. La lettre LXXXII a dû suivre de quelques

» Apol. III, 24 (PL. XXIII, 475, C).

* Sur la question de la publication du Contra lohannem, voir note complémentaire L.

^Contra lohann. XVII, fin: «Ante annos ferme decem in commentario Ecclesiastae et in Explanatione Epistulae ad Ephesios. » — Ibid., XLV : « Satis multo dormisti tempore qui post annos tredecim haec loqueris » (PL, XXIII. 369, B,et 393 A).

semaines. D'autre part à la même année, d'après les affirmations du traité, il faut rapporter la médiation d'Archélaûs qui eut lieu aux environs de Pâques (13 avril): «instabat dies Paschae^», deux mois après, la légation du prêtre Isidore, envoyé par Théophile ^, légation qui a duré plusieurs semaines : il y a eu des démarches répétées auprès des moines de Bethléem. La composition de l'Apologie de Jean, après l'échec des pourparlers, a dû prendre elle aussi du temps (juin-juillet). Or, trois mois avant cette légation, était tombée aux mains de Vincent la lettre d'Isidore à Rufin, donc en mars ^. Isidore repart pour Alexandrie avec V Apologie de Jean, qui est envoyée aussi à Rome. C'est alors qu'Épiphane a dû en réponse écrire à Sirice * et, de Rome, Pammachius écrit à Jérôme pour lui demander une réplique ^. Vers octobre ou novembre, Jérôme compose le Cofitra lohannem Hierosolymitanum.

Théophile n'était pas resté inactif au reçu de l'Apologie de Jean. Satisfait de son contenu, il prépare une lettre considérable sur la paix et l'envoie aux moines, vers la fin de l'année. En tout cas, la réponse de Jérôme (Epist. LXXXII) est postérieure au Contra lohannem. Il faut donc la mettre en 396 (fin), ou aux premières semaines de 397, avant le départ de Rufin pour l'Occident, précédé de la réconciliation des adversaires. Rufin est seul mentionné dans les passages qui en traitent, mais le fait que la réconciliation a lieu à l'église de l'Anastasie, à Jérusalem, indique bien que Jean y participait. D'ailleurs la lettre LXIV, 8, à Fabiola, qui doit être fixée au printemps de 397, parle de la paix rétablie sans restriction : « Nos in Ephrata tandem pace reddita. »

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