B. — LES DESORDRES DE JEUNESSE
Epist. XLVIII (XLIX, Hilberg), 20: « Virginitatem autem in caelum fero non quia habeo.sed quia miror quod non habeo ; ingenua et verecunda confessio est quo ipse careas id in aliis praedicare. »
Epist. CXXV, 2 : « Quasi doctus nauta post multa naufragia rudem conor instruere vectorem. » Cfr déjà Epist. XIV, 6 : « Nec ego non integris rate vel mercibus quasi ignaros fluctuum doctus nauta praemoneo sed quasi nuper naufragio eiectus in littus timida navigaturis voce denuntio. »
Contra lohann. Hierosol. XLI (PL, XXIII, 393, A B ; de lui et de Vincentius) : « Urbes celeberrimas deseruimus... ut in agris et in solitudine adulescentiae peccata deflentes... »
D'autre part, Epist. LII, i: « Dum essem adulescens (au désert), immo paene puer et primos impetus lascivientis aetatis heremi duritia refrena-
De tous ces textes se dégage une première conclusion incontestable : dans sa jeunesse, saint Jérôme se laissa aller aux désordres d'une vie sensuelle, et le souvenir de cette période de sa vie excitait en lui avec un très vif regret, la crainte des jugements de Dieu et l'appréhension de rechutes, contre lesquelles il cherchait un abri dans la solitude, sans parvenir à le trouver aussi assuré qu'il l'aurait désiré. D'autre part, il saute aux yeux que les termes employés se ressentent fortement des habitudes littéraires de l'auteur ; les exagérations familières de sa pensée y apparaissent avec évidence et il y aurait injustice à lui en refuser le bénéfice. Il parle en général de sa vie passée sans faire aucune distinction. Il semble même affirmer, dans sa lettre à Florentinus \ où il oppose sa misère morale à la ferveur de son ami Rufin, que cette vie de désordre a continué après son baptême, mais les expressions sont assez vagues et, comme Vallarsi l'a déjà remarqué ^, elles ne dépassent pas ce que l'on retrouve sous la plume de saints dont l'innocence est incontestable. On ne s'expliquerait guère que saint Jérôme, ayant retardé le moment de recevoir le baptême si longtemps, se soit décidé tout à coup à le recevoir, sans s'être résolu, comme on le faisait en pareil cas, à rompre définitivement avec un passé coupable. De ces textes on ne peut vraiment rien conclure de décisif en ce qui concerne la vie après le baptême.
Il est vrai, on a cru en découvrir un où Jérôme avouerait expressément ces fautes. C'est un passage de l'épître XVIII, composée à Constantinople en 381 et où Jérôme commente la vision d'Isaïe (chapitre Y\). Ce texte, cependant, ne prouve rien : comme on va le voir, Jérôme, à cet
^ JÉRÔME, Epist. IV, 2.
2 S. Hieronymi vita, II, Il (PL, XXII, 16).
NOTES COMPLEMENTAIRES
endroit, ne fait que démarquer Origène dont il avait traduit, peu auparavant, les homélies sur cette même vision ^: