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28o LA CONTROVERSE ORIGIÉNISTE. JÉRÔME ET RUFIN.

Rufin eut connaissance de cette réponse à Aquilée, où un marchand, venu d'Orient, lui en remit un exemplaire. Il n'avait que deux jours pour la réponse ^. Suivant les conseils de Chromatius, évêque d 'Aquilée, qui désirait voir la paix se rétablir entre les deux amis et écrivait dans le même sens à saint Jérôme 2, il tenta une démarche auprès de ce dernier et, au lieu d'une riposte publique, lui adressa une lettre particulière dont malheureusement le texte n'a pas été conservé ^. Nous n'en avons que des extraits cités par saint Jérôme. D'après ce qu'il en dit, la lettre aurait été pleine de menaces et de reproches. Rufin s'y plaignait des mauvais procédés dont il avait été l'objet, en particulier du vol de son manuscrit du Periarchon et des injures de Jérôme. Il le sommait de cesser ses attaques, sous peine de se voir accusé publiquement de certains méfaits, qu'il avait autrefois avoués à Rufin, et d'être traîné devant les tribunaux comme calomniateur et diffamateur; Jérôme traduisait : avec menace de condamnation à la peine capitale. Il lui envoyait en même temps un exemplaire de son Apologie à laquelle Jérôme avait répondu sans en avoir le texte.

On ne peut préciser davantage ces menaces de Rufin, auxquelles saint Jérôme affecte d'attacher la plus grande importance, tout en déclarant les braver. C'est même le prétexte qu'il invoqua pour refuser de garder le silence et décliner la proposition de Chromatius ^. Sa répHque, d'ailleurs, d'une extrême vivacité, re-

^ Apol. III, 10 (464, C-465, C) où Jérôme conteste la vérité de cette assertion, vu l'élégance du style de sa lettre, incompatible avec une improvisation.

2 JÉRÔME, Apol. III, 2 (PL, XXIII, 458, C-459, A).

^ Un essai de reconstitution sera toujours insuffisant pour en rendre la vraie physionomie, car Jérôme, à côté d'extraits textuels, donne des résumés tendancieux, présentant les conséquences qu'il tire des textes comme si elles appartenaient aux textes mêmes. Ainsi, des menaces de mort. Il est équitable de tenir compte du caractère privé de la lettre, quand il s'agit d'en apprécier le ton.

* Apol. III, 2 (PL, XXI, 458 C) : «Testem invoco lesum conscientiae meae, qui et bas litteras et tuam epistulam iudicaturus est, me, ad commonitionem sancti papae Chromatii, voluisse reticere et finem facere simultatum sed quia minaris interitum, nisi tacuero, respondere compellor, ne videar tacendo crimen agnos-

prend ^ les accusations précédentes de parjure, de mensonge, d'hérésie, en y revenant à plusieurs reprises et en les enrichissant d'allusions aux anciens événements de Palestine et aux récentes condamnations portées par Théophile et Anastase. Jérôme accuse de nouveau Rufin d'avoir falsifié V Apologétique, dite à tort, de Pamphile, nie avoir écrit la lettre d'Afrique, tout en affirmant que Rufin a sur la conscience des faux de ce genre, s'explique sur le songe et sur Pythagore, dont il n'a jamais prétendu avoir lu les livres et termine par de longues citations des Proverbes, concernant les envieux, les médisants et les injurieux, comme Rufin, dont les Psaumes décrivent le châtiment. Il déclare accepter la paix à condition que Rufin désarme et qu'il n'y ait entre eux qu'une même foi.

Rufin eut la sagesse de suivre les conseils de Chromatius et laissa tomber la controverse. Au surplus, en Occident, elle ne pouvait avoir qu'une vie factice et n'intéressait que les amis personnels de saint Jérôme. Pendant la dizaine d'années que Rufin vécut encore, sa vie exemplaire et son érudition lui valurent l'estime et l'amitié des personnages les plus recommandables de son temps, Chromatius, Paulin de Noie et Gaudentius de Brescia,en particuUer. Ce fut une période d'intense activité littéraire, consacrée plus encore qu'à la composition d'œuvres personnelles, comme le court mais substantiel commentaire sur le Symbole des Apôtres ^, à la traduction d'œuvres diverses : Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, remaniée et augmentée de deux livres sur les faits du IV® siècle, de Constantin à Théodose, homélies de saint Grégoire de Nazianze et de saint Basile, traités d'Évagre du Pont, Histoire des moines^ probablement de Timothée, diacre d'Alexandrie, Récognitions^ attribuées faussement à Clément de Rome, Dialogue d'Adamantius. Déjà il avait traduit les

cere et lenitatem meam malae conscientiae signum interpreteris. » Le prétexte est assez peu satisfaisant. On ne voit pas pourquoi il n'aurait pas lui aussi répondu par une lettre privée, au lieu de continuer à porter le débat devant le public.

* C'est le livre III de VApologia adversus libros Rufini (PL, XXIII, 457- 492). Il date de 402.

^ PL, XXI, 335-386. Ce volume de Migne contient les écrits originaux de Rufin et quelques apocryphes, dont on s'est récemment occupé, pour déterminer leur véritable auteur.

282 LA CONTROVERSE ORIGÉNlSTE. JÉRÔME ET RUFIN

Sentences de Sixte et probablement composé ses deux livres sur les Bénédictions des Patriarches. Il traduisit surtout de nombreuses homélies d'Origène sur divers livres de l'Ancien Testament et du Nouveau, plus de cent trente. Il faut y ajouter un volume de lettres adressées par Rufin à Falconia Proba, l'illustre patricienne de la gens Anicia ^, L'arrivée d'Alaric en Italie l'en chassa. Il accompagna en Sicile, où ils se réfugiaient, Pinien, Mélanie la jeune et sa mère Albina. C'est là qu'il mourut, en 411, attristé par les dévastations des barbares et les incendies dont il avait le spectacle de l'autre côté du détroit, acharné jusqu'au bout au travail, malgré une pénible maladie d'yeux. La vénération dont ses contemporains l'avaient entouré et qu'attestait encore le Gelasianum -, ne résista point, à la longue, à l'influence des écrits de saint Jérôme. Ils lui ont valu une déchéance, dont il ne s'est jamais relevé.

Jérôme, n'ayant plus d'adversaire pour lui donner la réplique, dut cesser l'attaque directe. Saint Augustin traduisait à merveille le sentiment général des chrétiens cultivés sur cette polémique, quand, en réponse ^ à l'envoi de son Apologie, justifié, affirmait Jérôme, par la propagande que Rufin faisait en Afrique contre lui, il lui écrivait :

<c Je ne sais quels sont les écrits méchants sur ta personne qui seraient arrivés en Afrique *. J'ai reçu cependant ce que tu as daigné m'en-

• Il n'y a pas d'édition complète des œuvres de Rufin ni d'étude récente sur lui et son œuvre. Voir les notices littéraires de Bardenhewer, Geschichte, t. III, P- 549-558 et deSCHANZ, § 967 (t. IV, i, p. 412-429). On ne lui rend point assez justice. En réalité, il a été l'un des plus actifs ouvriers des lettres chrétiennes et son labeur de traduction, pour être d'ordre secondaire, n'en a pas moins été fort utile au monde latin.

- Decretiun Gelasianum, édit. E. von Dobschûtz (TU, t. XXXVIII, 4, p. 10 et 44-45). Dans le passage même, où il fait siennes les critiques de saint Jérôme, il le qualifie : « Rufinus, vir religiosissLmus. "

' Dans la correspondance de saint Jérôme, Epist. CX; dans celle de saint Augustin, Epist. LXXIII (PL, XXXIII, 245-250).

* Le fait est à relever et montre combien les assertions de ce genre dans les deux Apologies sont sujettes à caution. Les adversaires se renvoyaient ces accusations. Rufin parlait des « chiens » mis à ses trousses par Jérôme. Celui-ci répondait {Apol. III, 3 ; PL, XXIII, 45.5, B) : « Idcircone Céréales et Anabasii tui

voyer en réponse à ces injures. L'ayant lu, j'ai eu beaucoup de peine, je l'avoue, qu'entre des personnes si chères et si intimes, que presque toutes les Églises savaient unies du lien le plus étroit, un si grand mal de discorde se soit produit. Pour toi, combien tu te maîtrises, combien tu retiens les dards de ton indignation pour ne point rendre injure pour injure, cela se voit assez dans ta lettre. Pourtant si cette lecture m'a accablé de douleur et séché de tristesse, que n'auraient point fait celles qu'il a écrites contre toi, si elles étaient tombées entre mes mains! Malheur au monde à cause du scandale ! Quels cœurs pourront s'assurer de leur fidélité désormais ? Dans le sein de qui se jettera tout entière une sûre affection } Quel ami ne redoutera de devenir quelque jour ennemi, s'il a vu entre Jérôme et Rufin se produire ce que nous pleurons ? O malheureuse et misérable condition ! O pour les cœurs amis science peu sûre du présent, puisqu'il n'y a pas prescience de l'avenir ! Mais pourquoi me laisser aller à gémir avec un tiers quand chaque homme ignore ce qu'il sera lui-même ? demain Peut-être connaît-il vaille que vaille ce qu'il est maintenant, mais ce qu'il deviendra il ne le sait .

« Hélas ! ajoutait-il, que ne puis-je vous rencontrer ensemble ! Peutêtre dans mon émotion, ma douleur, mes craintes, je tomberais à vos pieds, je pleurerais de toutes mes forces, je prierais à la mesure de mon amour, tantôt chacun de vous pour lui-même, tantôt les deux pour chacun et pour les autres, en particulier les faibles pour lesquels le Christ est mort et qui vous regardent sur le théâtre de cette vie, avec la grande crainte que vous n'écriviez publiquement l'un sur l'autre ce que, réconciliés, vous ne pourrez effacer, vous qui maintenant ne voulez pas

per diversas provincias cucurrerunt ut laudes meas legerent ? » En réalité, ce sont surtout les amis de saint Jérôme qui se sont remués et parfois, on l'a vu, plus que le maître ne l'aurait désiré. Rufin semble avoir d'ailleurs renoncé assez vite à se tenir au courant et en particulier ignoré ce qui se passait en Orient. L'incident de la lettre de Théophile est caractéristique et plus encore celui de la lettre d'Anastase à Jean de Jérusalem sur son propre compte. C'est par saint Jérôme qu'il en eut connaissance. Cela autorise à croire que la propagande en sa faveur n'était point aussi étendue que le suppose l'adversaire. En tout cas, Augustin témoigne que son Apologie ne lui était point encore parvenue, tandis que cet envoi supposé sert de prétexte à l'expédition de V Apologie de Jérôme. Il y aurait moins à insister sur ces faits si, contre toute évidence, on n'avait fait peser sur Rufin exclusivement les accusations d'intrigue, de manœuvres et de prosélytisme intempérant. Rufin a gardé le silence pendant près de dix ans après cette controverse, alors qu'il continuait à être traité de la manière la plus désobligeante. On peut croire qu'auparavant il n'était pas le plus ardent à la lutte. Le fait d'avoir mis plus de deux ans à composer son Apologie, alors que saint Jérôme y répond avant même qu'elle soit publiée, confirme cette appréciation. * JÉRÔME, Epist. ex, 6 ; Augustin, Epist. LXXIII, 6.

VOUS réconcilier ou que, réconciliés, vous redoutiez de lire, pour ne point de nouveau vous quereller. »

Saint Jérôme, dominé par le passé, ne comprit pas assez ce noble langage. Il ne sut point oublier. Tandis que Rufin, renonçant à polémiquer, se renfermait désormais dans ses actives occupations littéraires et ne songeait plus qu'à se rendre utile par ses travaux^, Jérôme continuait, en de multiples occasions, à l'attaquer par des allusions injurieuses, des sobriquets déplaisants, des accusations fâcheuses^. Mélanie l'ancienne, si louée jadis, mais dont le souvenir était inséparable de celui de Rufin, devint celle « dont le nom indique assez la noirceur de l'âme», tandis que Rufin était couramment désigné comme le scorpion ou le « porc qui grogne » (Grunnius). Une fois même il est défini «Caton au dehors, Néron au dedans ». Sa mort ne mit point un terme à l'inimitié. Le commentaire d'Ézéchiel ^ débute par un morceau émouvant, où Jé-

^ Il n'y a dans ses œuvres qu'une allusion à la querelle origéniste en dehors de V Apologie, dans la préface à sa traduction du Dialogue <^'Adamantios, qu'il identifie avec Origène (édit. Van de Sande-Bakhuyzen, p. i) : «Et considerans quam catholice, quam intègre ecclesiastici dogmatis defensor exstiterit, arbitror quod suinum et foetidum quorundam vitium de conculcandis verborum margaritis et rumpendis doctoribus perhorrebis. » Cette préface fait mention de Jovinus, l'évêque de Pavie, • — je crois que c'est la seule allusion que l'on connaisse à son siège épiscopal, — l'ancien archidiacre d'Aquilée, au temps où Rufin y reçut le baptême (Rufin, Apol. I, 4 ; PL, XXI, 513, C ; cfr Jérôme, Epist. VII). C'était un de ces parents spirituels que Rufin allait revoir à son retour d'Orient : « Dum venerabili patri lobino visendi redderemus officia. » Cette expression de la préface semble bien indiquer qu'il s'agit d'une première visite et par suite l'œuvre doit être rapportée aux premiers temps du séjour à Aquilée, en 399. Cela explique le ton amer qui éclate dès les premières lignes. On est en pleine bataille origéniste.

Quoi qu'il en soit, il est curieux que cette agitation contre Origène et les condamnations portées soient comme restées lettre morte. Rufin a continué paisiblement à traduire Origène, comme si de rien n'était : plus de cent trente pièces ! et personne ne semble y avoir trouvé à redire. C'est grâce à lui qu'une bonne partie de l'héritage du grand docteur nous a été conservée. Rien ne démontre mieux à quel point l'agitation était factice et tenait beaucoup plus à des questions de personnes qu'à des nécessités doctrinales. Le changement de pontificat dut contribuer à cet apaisement {Epist. CXXVII, 10). Jérôme de son côté ne cessa point de s'inspirer d'Origène dans ses commentaires, mais avec plus de précaution et en signalant à l'occasion les erreurs. Voir note complémentaire Q.

^Sur ces faits, voir note complementaireS.il convient cependant de faire remarquer que Jérôme, à tort ou à raison, attribue à Rufin la persistance de certaines attaques à propos de ses œuvres, en particulier au sujet de son commentaire sur Daniel, comme on le verra plus loin.

3 Comm. in Ezech. préface (PL.XXV, 16-17).

rôme déplore la perte de Pammachius et de Marcella, la prise de Rome et la mort de beaucoup de frères et de sœurs ; il y rappelle la douleur profonde qui l'a envahi et rendu de longs jours incapable d'application au travail, ses larmes sur la Ville où s'est éteint l'éclatant flambeau qui éclairait le monde, et sur l'empire romain décapité. Mais il s'est ressaisi et remis au travail, entre autres motifs, parce que «le Scorpion, entre Encelade etPorphyrion, gît écrasé sous la terre de Sicile et qu'enfin l'hydre aux têtes multiples a cessé de siffler contre lui ! » Telle est l'oraison funèbre de son ami. En 415 encore, oubliant la responsabilité de l'autre Rufin, moine chez lui à Bethléem, et hôte à Rome de Pammachius, dans les origines du pélagianisme, il y implique celui d'Aquilée. Il en profite pour l'accuser une fois de plus de mensonge, à propos de son Historia monachorum : Rufin y parle de moines qu'il dit avoir connus bien qu'ils n'aient jamais existé et n'a cherché qu'à y glorifier les origénistes ^.

En Orient la lutte antiorigéniste continuait. Jérôme s'y montra l'auxiliaire infatigable de Théophile et d'Épiphane. Elle se poursuivit sur un double terrain. Tandis que, dans ses lettres pascales, Théophile développait la campagne amorcée par la synodique de 400, et dénonçait sans relâche les erreurs d'Origène, il traquait impitoyablement ceux qu'il en signalait comme les partisans. Les Longs Frères, n'ayant point été accueilHs en Palestine, résolurent d'aller à Constantinople réclamer justice auprès de l'empereur. Saint Jean Chrysostome n'avait aucun motif de les persécuter : il les accueillit avec charité dans sa ville épiscopale, sans entrer en communion avec eux cependant et en réservant au synode qui devait être convoqué la décision dernière. Pendant ce temps, Théophile agissait. Mandé à Constantinople, pour s'y justifier, il s'y rendit au début de 403. Saint Épiphane y était accouru lui aussi pour combattre les origénistes et l'avait d'abord énergiquement soutenu. Mais le saint homme finit par ouvrir les yeux sur les intrigues qui se couvraient de son patronage. Écœuré, il se hâta de quitter la ville et mourut de douleur

1 Ep«sf.CXXXIII,3.

en rentrant à Salamine. Théophile trouva dans la capitale des auxiliaires tout dévoués à ses desseins. Au synode du Chêne, il fit déposer Chrysostome qui bientôt fut exilé. Le bannissement dura peu et le retour fut un triomphe, mais on sait comment la situation devint de nouveau défavorable. Dès 404, à Pâques, commença l'exécution des mesures de rigueur qui se consommèrent le 20 juin, par l'exil définitif, avec ses cruelles rigueurs. Le « pharaon « victorieux voulut compléter son triomphe, en accablant saint Jean Chrysostome sous un violent libelle. Peine perdue : à Rome, la voix de l'exilé avait couvert la sienne. Innocent pï' multiplia les démarches pour assurer la victoire de la justice. Elle ne devait triompher qu'après la mort du banni ^. Saint Jérôme avait traduit les lettres pascales publiées par Théophile en 401, 402 et 404 ^. Saint Jean Chrysostome ayant appartenu au parti mélécien d'Antioche, saint Jérôme, prêtre de Paulin, chef du parti opposé, ne pouvait avoir pour lui qu une médiocre sympathie. Il ne refusa pas à Théophile le service de l'aider dans cette mauvaise cause, et traduisit pour l'Occident le libelle injurieux ^. Ce fut l'épisode final de la lutte. Débarrassé du rival qu'il détestait, Théophile se réconcilia avec les Longs Frères et l'on n'entendit plus guère parler du danger origéniste qu'il avait subitement trouvé si menaçant.

^ Sur ces faits, voir PuECH, Saint Jean Chrysostome, livre III, et DuCHESNE, Histoire ancienne de l'Église, tome III, p. 72-106.

- JÉRÔME, Epist. XCVI, XCVIII et C.

' Il n'en existe que des fragments tristement significatifs, conservés par Facundus d'Hermiane dans le Pro defensione trium capitidorum, VI, 5 (PL, LX\^I, 676 et suiv.) ; cfr 678, A : « Légat innormem librum non solum contumeliis sed ipsa quoque saepe repetita maledictorum recapitulatione nimishorribilem,ab Hieronymo presbytero translatum. » Voir le fragment de la lettre de Théophile s'y rapportant, dans la lettre CXIII de saint Jérôme. Ce pourrait être le début même du livre. On a nié que la lettre CXIV de Jérôme, toute d'éloge pour un livre de Théophile qu'il vient de traduire, concerne cet ouvrage. Avec beaucoup moins de raison ou plutôt sans raison aucune, M. Brochet a refusé d'accepter le témoignage de Facundus d'Hermiane et nié que Jérôme ait pu traduire ce pamphlet {Les ennemis de S. Jérôme, p. 415-417). Voir en sens contraire l'article de dom Baur, Saint Jérôme et S. Chrysostome, dans la Revue Bénédictine, t. XXIII, 1910, p. 430-43^-

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