‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 107 sur 255 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

vêtement de couleur sombre t Quel scandale ! Comme si Jean-Baptiste le précurseur, proclamé par Jésus luimême le plus grand d'entre les enfants des femmes, avait scandalisé l'univers en portant un habit de poil de chameau et une ceinture de peau de mouton *! Blésille rejette de sa table les mets succulents et recherchés : c'est un autre scandale. Comme si le précurseur ne s'était pas nourri de sauterelles * !... Ah ! les femmes qui scandalisent les chrétiens, moi je les signalerai : ce sont celles qui se barbouilleht de rouge et de noir les joues et les yeux , celles dont les faces de plâtre, trop blanches pour des faces humaines,, nous font penser aux idoles, celles qui ne peuvent pa^ véréer une larme sans qu'elle creuse un sillon sur leurs joues *, celles à qui le nombre des années ne peut enseigner qu'elles vieillissent, qui se construisent une tête avec les cheveux des autres ef se foiirbîssenf line tardive jeunesse par-dessus leurs rides ^, èélles etifiA qui se feomportent en petites filles timides devant Ife troupeau de leurs arrière-neveux * : voilà les fémmîes

1. At scandalizat quempiam vestis fuscior? Scandalizet et Johannes, quo inter natos mulîerum nuUus major fuît, qui Angélus dictus, ipsum quoque Dominum baptizavit : quia camelorum vestitus tegmine, zona pellicea cingebàtur. Hieron., Ep. 19, p. 50.

2. Cibi displicent viliores ? Nihil vilius est locustis. Hieron., ibid.

3. Illse christianos oculos scandalizent potius, quae purpurisso, et quibusdam fucis ora oculosque depingunt : quarum faciès gypseœ, et nimio candore déformes, idola mentiuntur ; quibus si forte improvidis lacrymarum stilla eruperit, sulco defluit. Hieron., ibid,

4. Qu» prseteritam juventutem in rugis anilibus poliunt. Hieron., ibid.

5. Quae denique ante nepotum gregem, trementes virgunculse componuntur. Hieron., ibid..

qui nous scandalisent, nous autres chrétiens , et voici celles que nous vénérons.

« Notre chère veuve autrefois ne quittait pas son miroir, cherchant tout le jour ce qui lui manquait pour plaire ; maintenant elle répète avec confiance ces mots de Tapôtre : « Relevant la face vers le Seigneur pour contempler sa lumière, nous sommes transformés en son image, de gloire en gloire, par l'esprit de Dieu. » Autrefois une armée de servantes n'était occupée qu'à disposer ses cheveux ; sa tête innocente était torturée sous l'étreinte des bandeaux et la boucle des mitres* : elle sait maintenant qu'un voile suffit. Autrefois elle accusait de dureté jusqu'à la mollesse des plumes, et à peine pouvait-elle dormir sur des lits hauts comme des maisons : elle couche à présent près de terre, et, la première levée pour prier, donnant aux autres de sa voix argentine le ton de VAlleluiay elle est la première à louer son Dieu*. Ses genoux délicats pressent la terre nue, et des larmes abondantes lavent sur ses joues ce ' qui lui reste des anciens fards ^ Les vêtements de soie éclatants ont fait place sur elle à une simple tunique de couleur rousse ; des brodequins communs succèdent aux chaussures dorées, dont le prix sert à nourrir les

i . Tune criaes ancillulse disponebant, et niitellis crispantibus vertex «rctabaturinnoxius... Hieron., Ep. 19, p. 50.

2. lUo tempore plumarum quoque dura mollities videbatur, et in exstructis thoris jacere vix poterat; nunc al orandum festina consurgit, et tinnula voce caeteris Alléluia prieripiens, prior incipit laudare Dominum suum. Hieron., ibid.

3. Flectuntur genua super nudam humum, et crebris lacrymis, faciès psimmithio antc sordidata purgatur. Hieron., ibid.

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