LIVRE IV
pauvres, et, au lieu d'une ceinture plaquée d'or et de pierres précieuses, un simple cordon de laine pure serre sa robe sans la couper*. Que si quelque scorpion, quelque serpent à la voix mielleuse veut lui persuader de retourner au fruit défendu, elle l'écrase d'un anathème comme de son talon, et lui crie, pendant qu'il se débat mourant dans la poussière : « Arrière, Satan ' ! ))
Les parents de Blésille et de Paula ne se méprirent pas sur cette dernière allusion, et n'attendirent que le moment de se venger. Les gens du monde, tièdes chrétiens ou païens, ne virent aussi dans la lettre de Jérôme qu'une critique publique de leur vie. Quant à lui, devenu le père de la convertie, en esprit et en charité, comme il s'exprime lui-même % il s'attacha à former son intelligence aussi bien que son âme. Blésille et Eustochium étaient « ses apprenties *. » 11 lut le livrede l'Ecclésiaste avec la première pour la confirmer dans le mépris des vanités terrestres. Blésille possédait, comme toutes les femmes de sa famille, beaucoup d'instruction et une rare facilité pour les langues. Quand elle parlait grec, on doutait qu'elle fût Romaine,
i. Cingulum, non auro gemmisque distinctum est; sed laneum, et tota simplicitate purissimum : et quod possit magis astringere vestimenta quam scindere. Hieron., Ep, 19, p. 50.
2. Si huic proposito invidet scorpius, et sermone blando de vetita rursum arbore comedere perauadet, illidatur ei pro soica anathema, et in suo morienti pulvere dicatar : Vade rétro, Satana. Hieron., ibid*, p. 51.
3. Patrem spiritu, nutricium charitate.... Hieron., Ep. 22, p. 55.