‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 145 sur 255 · LITRE V. 53S · texte numérisé non relu

LITRE V. 53S

roiîj dont les roses sont célèbres dans l'Écriture ; mais Thivët-ne faisait que finir, et Saron n'avait point encore ses parfums. Deux endroits renommés se présentèrent d'abord sur leurs pas : à droite Arimathie, patrie de l'homme juste qui mérita rhonneUï- de donner son tombeau au Christ*; à gauche, Nobé, plus sépulcre que Ville, suivant le mot de Jérôme*; ail* cienne bourgade lévitique dont le roi Satil, dans uhe de ses fureurs, avait fait passer au fil de l'épée tous les habitants, parce qu'ils se déclaraient pour David. La petite caravane ne s'y arrêta pas : Diospolis au contraire la retint. Diospolis, ou plutôt Lydda, pour lui rendre son nom hébraïque, possédait dans ses mtirs un de ces trésors que Jérôme cherchait avec passion, et qu'il ne quittait qu'à regret quand il l'avait trouvé : c'était un JUif instruit qui pût le guider dans la Connaissance dés lieux qu'il paî-coufait et répondt-e à toutes ses questions. Le rabbirl qui habitait Lydda était dstimé de ses compatriotes non moins pour son caractère que pour son savoir ^ Jérôme se lia avec lui et lé fit venir plus tard à Bethléem pour lire ensemble le livre de Job; mais le Juif ne donnait pas gratuitement ses leçons, et Jérôme se plaint d'avoir payé un peu cher le profit qu'il en tira^. Ce qu'il fit à

i. Arimathiam, viculum, Joseph qui Domînnm sepelivit. Hieroti;, Ep. 8B, p. 673.

2. Nobe tirbem quondam sacerdotum, nunc tum^lum occisorum... Hieron., ibid,

3. Itfebrabuâ meus , cujus saepe fàcio riientîonetti , et quéiti ômnés vel = maxime admirantur. Hieron., Ecoles., t. H, p. 740.

4. 0«<5 lâboite, (Juo pretio. Hiétôn., Ep. 41, p. 342. — Màgrib iriipènso. Hieron., in Ruf. a, ad fin.

â36 SAINT JÉRÔME.

Lydda, il le répéta tout le long de la route. Quand il ne trouvait pas de savants, il s'adressait aux habitants et aux guides*. Lui-même nous raconte avec une joie naïve que, sur les indications d'un « certain Hébreu, » il découvrit la vraie position d'un village sur lequel les commentateurs de la Bible avaient longtemps disputé*. Chemin faisant, il prenait des notes qui lui servirent plus tard et lui valurent, dans la discussion des textes sacrés, ce caractère de certitude qui fonda l'autorité de ses écrits ; mais aussi quel voyageur que Jérôme, et quel charme que ce voyage pour ses savantes amies ! La caravane, ayant repris sa marche, atteignit le bourg d'Emmaûs, où Jésus ressuscité s'était manifesté à ses disciples dans la fraction du pain^. Un peu plus loin, l'étroit vallon de Gaas leur montra Béthoron, échelonnée en ville haute et basse, sur le vçrsant d'un coteau : c'était une fondation de Salomon, « renversée, dit Jérôme, par la tempête des guerres*. » Ils entrèrent de là sur le théâtre des exploits de Josué contre les Chananéens, lorsque, pour exterminer cinq rois et leurs peuples, le chef des Hébreux arrêta le

i. Nobis curae fait cum eruditissimis Hebrœorum hanc laborem subire, ut circumiremus provinciam, quam omnes Christi ecclesiœ soimnt. Hieron., Paralip,, i, Prœfat,

2. Le village d'Helkesaï en Galilée, dont le prophète Nahum était originaire, et dont il restait à peine quelques vestiges. « Helkesi, usque hodie in Galilsea viculus est parvus quidem, et vix ruinis veterum œdificiorum indicans vestigia, sed tamen notus Judseis et mihi quoque a circumducente monstratus. » Hieron., in Nahum, Prœfat.

3. Nicopolis quœ prius Emmaûs vocabatur, apud quam in fractione panis cognitus Dominus. Hieron., Ep, 86, p. 673.

4. Bethoron inferiorem et superiorem, urbes a Salomone conditas, sed vaHa postea bellorum tempestate deletas. Hieron., ibid.

Page 1