LIVRE V m
soleil et la lune. Nos voyageurs cherchèrent à se représenter le miracle en contemplant Aïalon et Gabaon, qui se dessinaient sur leur droite ^ Ils se remémorèrent aussi le sort des perfides Gabaonites, devenus les porteurs d'eau et les bûcherons du peuple d'Israël, en punition de leur alliance violée ^ La route les conduisait à Gabaa. Ils ne foulèrent pas sans horreur le sol où avait commencé l'affreuse tragédie du lévite d'Éphraïm par le viol et le meurtre de sa concubine^ mais ils devaient en parcourir plus tard toutes les scènes pied à pied, et traversèrent celle-ci rapidement; le temps d'ailleurs leur manquait. Ils laissèrent à gauche, sans songer à le voir, le mausolée d'Hélène, reine des Adiabéniens*, qui, après avoir fourni du blé aux Juifs pendant une famine, n'avait demandé pour sa récompense qu'une sépulture en Judée. Enfin parut devant eux la ville tant désirée, qui s'appelait, dans la nomenclature officielle de l'empire et dans l'histoire profane, iElia Capitolina, mais qui, pour tout cœur chrétien ou juif, n'avait pas d'autre nom que Jérusalem.
Une troupe d'appariteurs les attendait à la porte. Le proconsul, gouverneur d'iEIia, informé de l'ar-
1. Ad dexteram aspiciens Aïalon et Gabaon, ubi Jésus fîlius Nave contra quinque reges dimicans, soli imperavit et lunœ. Hieron., Ep. 86. p. 673.
2. Gabaonitas, ob dolos, et insidias fœderis impetrati, in aquarios lignariosque damnatos. Hieron., ibid.