‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 148 sur 255 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

tous les rois 4^ l'Orient, jusqu'au jour où les fl^nf^nae^ allumées pgir Titus la dévorèrent avec son temple, ^11^ se releva, mais poHr retomber plus bas, après une nouvelle révolte sous Adrien \ Ce fut sa fin. Des colonies d'étrangers remplacèrent la population juive, classée et dispersée, et le sol même fut bouleversé. Disciple des sophistes grecs et sophiste lui-même, Adrien cuvait compris que la vitalité de cette ville, tant de fqis détruite et toujours renaissante, tenait à j^ religion, et il l'attaquq. dans les deux cultes dont elle était le double sanctuaire, et qu'il détestait lui-mêi^ie ég9.1ementj le culte juif et le culte chrétien. Pour le premier, il profana, jusqu'fi^ux ruines (}u temple de Sfi^lpîflon, en faisant dresser sur l'emplacement 4^ s^iRt des sa-ints deux de ses statues divinisées*, Pour le second, il souilla le Calvaire et les atitres liei}:ç témoins de la passion du Christ. Le Golgotha, situé hors de l'ancienne enceinte, comme lieu de supplice, fut réuni à la nouvelle et nivelé ; la caverne sépulcrale où le corps du Sauveur avait reposé avant sa résurrection, et la citerne oii les Juifs avaient jeté précipitamment sa croix, à l'approche du jour du sabbat, furent enfouies sous un amas de décombres, et sur le terreplein formé par ces ruines s'élevèrent deux temples et

\, Çnseb., m^, eçd.f ly, Ç. — pio., Lxnt, p. 793 çt sqiy., éd. V^eçpl^el, iG06. — AppJî^R- Syr-^ p. 85. — Hieron., in Raniel, 9î in 2lqç^., 8 e't passim. — Cf. Tilleoi., BisL 4^s Çmp., II, 282 et ^uiv.

%. Tewli^m 4es^i;ctum... aratHoi templum. meron., in Zach., S. — l^se^^Q ipsa i^tii tetPpUïflli (viU quod Sa^oraon aec^ifiçavU..» sunt et sti^tu» duœ %4vi?iai. Uitk. Ptfr^^ûif, ^ierosQl^

deux autels, l'un au Jupiter du Capitule, l'autre à Vénus, patronne des Césars \ Tandis que la ville s'étendait ainsi vers le nord et l'ouest par l'adjonction du Golgotha, elle recula vers le midi, laissant en dehors le mont Sion, cité de David, et le mont Moria, cité de Salomon et emplacement du temple*. La ville sortie de cette transformation s'appela du nom de l'empereur et du nom du dieu auquel l'empereur la dédiait, iElia-Capitolina-Adriana ; les Juifs en furent exclus sous peine de mort^ : ce fut la Jérusalem païenne.

Cette profanation du culte chrétien dans son plus révéré sanctuaire dura près de deux siècles : Constantin la fit cesser, et s'empressa de rendre aux fidèles les saintes reliques, dont ils n'approchaient plus qu'avec horreur. Les dieux païens furent balayés du Cal-

1. Hancigitur salutarem speluncam, impii quidam ac profani homi-

nés funditus abolere in animum induxerant Itaque non sine summo

labore, plurima humo aliunde advecta aggestaque totum locum opplevere. Quem cum mediocri altitudine extulissent et lapide constravissent, sub hac tanta congerie sacram speluncam obtexerunt. Dehinc perinde ac si nihil amplius ipsis superesset, supra illud solum, infaustum prorsus aniinarum sepulcrum exstruxerunt , obscuram mortuorum simulacrorum cavernam, in honorem lascivi dœmonis quam Venerem vocant, œdificantes; ubi execranda sacrificia super profanis et impuris altaribus offerebant. Euseb., De vit. Constant,, m, 26.

2. Consulter la dissertation de Danville sur retendue de l'ancienne Jérusalem et de son temple.

3. Ex eo tempore uni versa Judaeorum gens, circum Hierosolyma sitam, pedem inferre prohibita est, lege et constitutione imperatoris Hadriani : adeo ut ne prospic'ere quidem e longinquo patrium solum ipsis liceret. Euseb., Hist, eccU, iv, 6. — Alienigenis eo confluentibus, urbs et colonia civium romanorum effecta est, in honorem JEWi Hadriani imperatoris, iElia nuncupata. Euseb., ibid, — Colonia iElia-Capitolina-Hadriana.

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