LIVRE V. M
vaire avec leurs temples*. Le terre-plein, fouillé et déblayé, laissa à nu la caverne du sépulcre, le jardin dans lequel elle était primitivement située, et l'emplacement de la croix* : la masse de pierre tirée de ces fouilles fut si considérable, dit-on, qu'elle suffit pour la construction d'un avant-mur, au côté nord de la cité ^ La croix elle-même fut retrouvée : l'impératrice Hélène s'était chargée de la recherche ; et guidée soit par l'évêque de Jérusalem, soit par de savants juifs, familiers avec les antiquités de leur patrie*, elle découvrit la citerne où les trois croix gisaient pêle-mêle. Après avoir ainsi restauré les saints lieux, Constantin éleva une immense basilique qui les renferma tous dans l'enceinte d'une même muraille*. Cette basilique devint le centre d'un quartier chrétien qui envahit peu à peu les quartiers environnants, et le signe du Dieu crucifié par les Juifs brilla sur cette troisième Jérusalem, d'où le mont Sion et le temple étaient exclus. Au moment où Jérôme et Paula la visitèrent, la
1. Locum omnibus sordibus... purgari prœcepit. Continuo opéra illa ad fraudem comparata , e sviblimi ad solum dejecta sont ; et œdificia ad decipiendos homines constructa, cum ipsis statuts ac dœmonibus diruta sunt ac dissipata. Euseb., De vit. Constant, ^ m, 26.
2. Loco altissime eflfosso... aliud solum, locus scilicet qui in imo erat apparuit; tune vero ipsum augustum sanctissimumque DominicaB resurrectionis monumentum refulsit, spelunca illa quœ Sancta Sanctorum vere dici potest. Euseb., De vit. Constant., 28.