‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 16 sur 255 · LIVRE PREMIER. U · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. U

Germanie : l'art d'être belle au iv* siècle consistait principalement à rendre la nature méconnaissable. L'application des fards était, après la coiffure, l'objet important de la toilette : ils étaient nombreux, et les moralistes ecclésiastiques nous en ont en quelque sorte dressé l'inventaire. Au premier rang figuraient le blanc de céruse, le minium, et le noir d'antimoine, destiné à relever l'éclat des yeux ^ Quand une matrone romaine était ainsi peinte et coiffée,, on posait délicatement au sommet de sa tête une mitelle * persane, et le grand roij, s'il l'eut vue, eût pu la revendiquer sans trop d'erreur pour une de ses favorites. La robe d'une élégante de haut rang n'était ni de laine, ni de toile, même très-fine; on laissait ces étoffes vulgaires aux toilettes plébéiennes; la matrone ne portait que de la soie, souvent mêlée d'or, et des tissus de lin si légers, qu'au dire d'un père de l'Église ils couvraient le corps sans le cachera Des bijoux, des perles, des pierreries de toute sorte, une ceinture d'or et des souliers dorés et craquant sous le pied*, complétaient la parure d'une patricienne des riches quartiers de Rome au iv* siècle.

1. Orbes stibio fuliginati... Purpurissus et cerussa; quorum alterum ruborem genarum labiorumque mentitur; alterum candorem oris et colli. Hieron., Ep. 47, p. 457. — Purpurisso et quibusdam fucis ora oculosquc depingunt : quarum faciès gypseœ et nimio candore déformes idola mentiuntur. Ep, 19, p. 50.

2. Tuac crines ancillulse disponebant, et mitellis crispantibus vcrtex arctabatur iiinoxius. Hieron., ibid,

Copa Syriscà, caput... redimita mitella.

Virg., Cop,

3. Ut aliquid intus appareat... et aperiat quod formosum est. Hieron., Ep. 89, p. 732.

4. Calcel deaurati. Hieron., Ep. i9, p. 50.— Caliga,.. nitens stridore ad

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La fureur de la mode était alors pour les étoffes de soie brochée représentant des figures par l'ingénieuse combinaison de leurs trames, invention nouvelle, suivant les contemporains, mais plus vraisemblablement imitation des tissus en usage depuis des siècles dans la Chine et dans l'Inde. On étalait donc sur ses vêtements des images d'oiseaux et de bêtes sauvages ou domestiques que les enfants se montraient du doigt en passant : des lions, des ours, dés chiens, et même des chasses entières, ainsi que des scènes à personnages mythologiques ou historiques *. Chacun choisissait suivant son goût et sa fortune; mais cette mode, que les païens exaltaient comme une preuve du génie merveilleux du siècle, attirait la réprobation des prédicateurs chrétiens, qui n'y voyaient que l'œuvre de Satan, un piège tendu par l'idolâtrie aux âmes imprudentes. Il nous reste encore plus d'un sermon prononcé sur ce grave sujet ^ Les sermons eurent tort,

se juvenes vocat. Id., Ep, 89, p. 732. — Stridentes calceoli. Id., Ep. 47, p. 556.

1. Tunicse varietate liciorum éffigiatse in species animalium multiformes. Amm. Marc, xiv, 6. — Asterius Amasise episcopus, in homilia de Divite et Lazare, ait novam quamdam texendi rationem sua setate inventam fuisse, qua in connexione staminis cum subtemine picturse virtus exprimeretur, omnisque generis animalium formas vestibus intexerentur. Addit etiam a pueris mirantibus digito monstrari solitas hujusmodi animantium figuras, leonum puta, pardorum, ursorum, sylvas quoque et canes et rupes, et venatores tunicis et palliis intextos. Vales., ad Amm. Marc, not., p. 26. Ed. in-4°. Gronov. Lugdun. Batav., 1693.

Additur ars, ut fila hei bis saturata recoctis niudant varias distincte staminé formas.

Prudent., Hamartig,y.^9i, 292.

2. Aster., Homil. de Divite et Lasaro, — Theodoret., Sermo de Provi' dentia^ p. 361. — Joan. Chrysostom., Hom, 50, in Mattheum,

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