‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 168 sur 255 · LIVRE V. î · texte numérisé non relu

LIVRE V. î

ouverte, et il raconta la tradition, accréditée (tepufe Constantin, qu'aucun architecte n'avait jamiûs pu reiB* plir le vide, dans la portion où avait passé le corps du Christ*. 11 exposa, avec plus de certitude, Kstticien usage juif de brûler chaque année une vache rousse sur la montagne , et d'en répandre la cendre en expiatio» des péchés d'Israël *. 11 rappela aussi que la vi^oil prophétique d'Ézéchiel, qui avait vu les chénikmis dit temple de Salomon émigrer sur la moniagne des OKviers et y construire un temple nouveau, avait reçi^so» accomplissement dans la basilique de l'Ascension *•

Du haut de la montagne, le regard planait sur un des plus beaux paysages de la Judée, et on- apercevaii le couvent de Rufm occupant le côté opposé à la ville. Paula voulut^elle visiter ce monastère demtonhii avait fait tant d'éloges? Jérôme voulut-il revoir l'ami de scm enfance, ou plutôt Rufm et Mélanie ne se troiavèr«>t* ils pas là pour les recevoir et faire en quelque sorte les honneurs du saint lieu, où ils avaient dressé leur tente ? Notre historien ne prononce pas leur nom ; maïs son récit fut composé plus tard, quand une inimitié implacable divisait ces deux hommes, et (|ae l'iniiûitié avait rejailli jusque sur Paula elle-même. Croyons que, si Rufm et Mélanie, comme on n'en saurait douter^ se?

1. Summum cacumen, ut perhibent, propter Dominici corporis meatum, nullo modo contegi nec concamerari potuit, Hieron., De loc. Hœbr.

2. la quo, per annos singulos, vacca ruffa in holocaustum Domino cremabatur, cujus cinis expiabat populum Israël. Hieron., Ep. 86, p. 675.

3. In quo, juxta Ezechielem, Cherubim de templo transmigrantes, ecdesiam Domini fundaverunt. Hieron., ibid.

trouvaient alors à Jérusalem, ils assistèrent à la visite de nos voyageurs et les guidèrent sur le mont des Oliviers. De quels précieux détails historiques ces fatales rancunes nous ont peut-être privés! Avec quel intérêt on lirait aujourd'hui les entretiens des deux savants Dalmates, sur qui se partageait 1 attention de l'Occident, non encore portée vers Augustin! Avec quel charme on suivrait, sous la plume d'un des interlocuteurs, leurs observations, tantôt pratiques, tantôt élevées, sur l'état du christianisme en Orient et en Occident, et les progrès du monachisme dans le monde entier! Comme on aimerait à retrouver dans leurs épanchements, après une si longue séparation, ici l'affection calme et protectrice de Rufm , là l'amitié enthousiaste et la parole animée de Jérôme; chez le premier la logique glaciale, mais puissante, chez le second l'éloquence et la passion ; et , pour cadre à ce tableau, la terrasse du couvent des Oliviers, la ville de Jérusalem au-dessous , les campagnes de Bethléem au midi, celles d'Éphraïm au nord; et à perte de vue, à l'est et à l'ouest, les chaînes de montagnes s'échelonnant sans > interruption entre la Grande Mer et la mer Morte! Si cette entrevue eut lieu, ce fut là sans doute que Paula puisa, dans les confidences de Mélanie, revenue récemment d'Egypte, le projet du grand voyage qu'elle accomplit Tannée suivante.

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