‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 200 sur 255 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

docteurs de l'Église? Ils sont tous nourris des anciens qu'ils réfutaient... Ces grands hommes avaient appris de David, qu'il faut arracher le glaive des mains de l'ennemi, et couper la tête du superbe Goliath avec son propre poignard. Ils avaient lu dans le Deutéronome ce précepte du Seigneur : « Vous raserez la tête de la femme captive, vous lui enlèverez les sourcils, vous lui couperez les ongles, et vous la prendrez pour épouse* ...» Et que fais-je donc autre chose lorsque, amoureux de la sagesse antique, admirant le charme de sa parole et la beauté exquise de ses traits, je la rends servante et captive, pour en faire une israélite^? »

Entre toutes les études sacrées, sa préférence se porta sur l'hébreu : c'était une inspiration de son récent voyage et un moyen d'en appliquer les fruits. Il avait entendu trop souvent les Juifs se moquer de ceux qui voulaient commenter leurs livres sans savoir leur langue, pour ne pas désirer leur fermer la bouche ; puis un moine d'Orient, nommé Sophronius, était venu l'aiguillonner. Ce moine, homme de parfaite bonne foi, disputant un jour avec un Israélite, se mit à citer un verset de psaume d'après les Septante. « Ce n'est pas cela, s'écria l'interlocuteur en l'interrompant; l'hébreu porte tout autre chose M » Et en effet on était obhgé

i. Legitur in Deuteronomio Domini voce praeceptum, mulieris captivas radendum caput, supercilia, omnes pilos, et ungues corporis amputandos, et sic eam habendam in conjugio. Hieron., Ep. 83, p. 655.

2. Quid ergo mirum, si et ego sapientiam saecularem propter eloquii venustatem, et membrorum pulchritudinem, de ancilla atque captiva Israelitidem facere cupio? Id., ibid.

Page 1