Non ita haberi in hebrœo. Hieron., in Buf.^ II, p
318 SAll^T JÉRÔME.
d'avouer que la version des Septante, admise comme type de l'Ancien. Testament dans la chrétienté orientale, exigeait une révision sévère. Sophronius, tout interdit, vint trouver Jérôme et lui raconta sa déconvenue. (( Ce serait, ajoutait-il, rendre un grand service au christianisme que de faire d'après l'hébreu une traduction dont les Juifs ne pussent pas nier la fidélité ; à Jérôme, qui en avait le pouvoir, en incombait aussi le devoir, et pour lui, Sophronius, il se chargeait de mettre la traduction de Jérôme du latin en grec , ne doutant point qu'elle ne fut adoptée sans hésitation par les Églises d'Orient. » L'entreprise était sainte et glorieuse; elle tenta le solitaire de Bethléem, qui l'accomplit en partiel Sophronius, de son côté, ne manqua point à sa parole, et l'Occident eut le rare et suprême honneur de voir une interprétation grecque de la Bible, puisée chez un auteur latin, remplacer dans beaucoup d'Églises d'Asie le texte consacré des Septante*.
C'était un rude et difficile labeur pour lequel Jérôme eut besoin de plus d'un maître, car dans l'Ancien Testament, composé de t^nt de livres divers d'objets et écrits à des époques différentes, les styles, les dialectes, la langue elle-même, changent souvent
1. Unde impulsus a te..., rursum me obtrectatorum latratibustradidi... Sic ubi ergo editio mea a veteribus discrepaV^ interroga quemlibet Hebraeorum, et liquido pervidebis... Hieron., ad Sophr. in Buf.^ U, p. 429.
2. Meputabam bene mereri de Latinis meis, et nostrorum ad discendum animos concitare, quod etiam Grseci versum de latino, post tantos interprètes, non fastidiunt. Hieron., ibid*, p. 421.