LIVRE VII
ques jalouses, d'abord clandestinement et avec mesure, plus tard ouvertement et avec violence. Un des maîtres de Jérôme s'appelait de deux noms, Barraban et Baranina; profitant de la ressemblance du premier de ces noms avec celui d'un voleur, fameux dans rÉvangile, Rufin imagina cette plaisanterie spirituelle, mais acre comme tout ce qui sortait de lui : « Jérôme est un digne membre de la synagogue de Satan ; à l'exemple de ses amis les Juifs , il préfère Barrabas à Jésus-Christ*. »
Outre la traduction de plusieurs parties de la Bible d'après l'hébreu et la préparation d'un plus grand nombre, Jérôme composa deux ouvrages qui se rattachaient intimement au voyage des années précédentes : l'un était le Traité des lieux et des noms hébreux^ l'autre celui des Questions hébraïques. Il les composa en même temps. Le premier présente une topographie de la Judée d'après les deux Testaments; le second est un recueil de tous les noms propres d'hommes et de lieux mentionnés dans les Écritures, avec leur interprétation selon rétymologie hébraïque*. II se servit beaucoup d'Eusèbe de Césarée dans la composition de ce travail, oii il fit entrer aussi ce que Philon, Origène et d'autres auteurs orientaux avaient dit de mieux sur le sujet; cependant il y ajouta tant de choses d'après ses propres observations, qu'il en fit un travail pres-
1. Tu, ut video, cum illis clamas, qui dicunt : non hune sed Barraban... De synagoga Satanie... Barrabas tuus pro Christotibi electus. Ruf., Apol.,11^ ap. Hieron., p. 424.