Hieron., Op., t. II, p. 386 et seqq., p. 506 et s^9qq
que neuf; au moins est-ce ainsi qu'il en pi^rte*. A ces travaux spéciaux, qui servaient indirectement à la lecture de la Bible, il en ajouta de plus di^ rects, et on place pendant les trois premières années de son séjour à Bethléem des commentaires sur plu-^ sieurs épîtres de saint Paul, qu'il rédigea à la prière d'Eustochium et de Paula, et un autre sur TEcolésiaste. Ce dernier avait été demandé par Blésille durant sa maladie ; Jérôme l'a^vait commencé, la mort était venue l'interrompre ; il le reprit en souvenir de cette chère âme, et l'acheva sous les yeux de la mère et de la sœur, auxquelles il le dédia ^ A leur sollicitation encore, et pour faire connaître aux Occidentaux Origène, dont le nom était si célèbre en Orient, il traduisit les homélies du grand docteur d'Alexandrie sur l'Évangite de 3aint Luc. Paulinien et Marcella eurent aussi part à ses pieuses dédicaces; il mit en latin, à la prière du premier, le traité de Didyme sur le Saint-Esprit, et l'inscrivit au nom de ce qu'il aimait le plus au monde, son frère et ses deux sœurs de Bethléem \ On l'accusait à Rome de vouloir tout changer dans l'Église : Eusto-
1. Semel enim et in Temporum libro praefatus sum, me vel înterpretem esse, vel novi operis conditorem... Hieron., Lib. de Situ et Nom. loc, hebr,, Prmfat.y t. Il, p. 383.
2. Quoniam (Blesilla) in procinctu nostri operis subita morte subtracta est: et non meruimus, o Paula et Eustochium, talem vitœ nostrae habere consortem, tantoque vulnere tune perculsus obmutui : nunc in Bethléem positus... et illius memoriae, et vobis reddo quod debeo. Hieron., Eccles. Prœfat., t. II, p. 714.
3. Itaque, mi Pauliniane frater, quiî^ aupradictus pontifex Damasua, qui me ad hoc opus primus impulerat, jam (^rmit in Christo : tam ^ua quam venerabilium mihi ancillarum Ghristi, Pauise et Eustochii nunc
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chium et Paula, gardiennes attentives de sa renommée, lui suggérèrent l'idée de reviser la vieille Vulgate latine de l'Ancien Testament en usage en Italie , mais faite sur un texte fautif des Septainte, en la ramenant au texte plus pur donné dans les Heœaples^ C'était un moyen de concilier la vérité religieuse avec des hahi-^ tudes séculaires dignes de respect. «ïérôme ad(^ta cette idée et prit pour base de sa révision le manuscrit d'Origène conservé à Césarée, et qui faisait loi dans les Églises de Palestine*, L'entreprise fut, à ce qu'il paraît, menée à, bonne fin ; mais lé manuscrit périt du vivant même de l'auteur, soit par l'infidélité d'un gardien, soit par un parti pris chez les Occidentaux de ne rien changer à la coutume.
De ces grands et nombreux travaux, les uns étaient publiés en Palestine, les autres envoyés à Rome, et partout recherchés avec ardeur. La critique suivait infailliblement chaque publication : critique la plupart du temps malveillante, et déplus en plus acre à mesure que la gloire de Jérôme se consolidait. Des Grecs venaient lui reprocher de piller les auteurs grecs; des Latins de ne montrer d'estime que pour les travaux
adjutus oratu t cauticum quod cantare non potui in terra aliéna, hic a vobis.in Judsea provocatus immurmuro. Hieron., Didym, de Spirit, Sanct. Prœfat, t. IV, p. 494.
1. Unde et nobis cura? fuit omnes veteris Legis libros, quos vir doctus Adamantius in Hexapla digesserat, dd Csesariensi bibliotheca descriptos, ex ipsis authenticis emendare, in quibus et ipaa hebrsea propriis sunt characteribus yerba descripta, et gnecis litteris tramite expressa vicioo. Aquila etiam et Symmachus, Septuaginta quoque et Theodotio suum ordi* nem tenent. Uieron., Comment» Epist. Paul, ad Tit, m, p. 437.
faits en Orient, comme si son but avoué n'était pas d'éclaircir FÉvangile et la Bible par des observations prises aux lieux mêmes où les événements sacrés s'étaient accomplis, et de faire entrer l'Occident, son pays, dans le mouvement scientifique si brillant de la chrétienté orientale. Ces attaques injustes le faisaient bondir de colère, et alors il prenait la résolution de ne plus rien publier. « Gardez ceci pour vous, écrivait-il à ses amis, en leur envoyant quelque nouveau traité sorti de ses mains, et faites en sorte que les envieux ne l'aperçoivent pas. » — « Lisez-moi en cachette, disait-il à d'autres, et sauvez-moi du public. Ne donnons pas d'indigestion à ceux qui n'ont pas faim ; et quant aux impuissants, qui crient toujours sans rien faire, leur blâme m'est insupportable. »
Il y avait parmi ces derniers un moine palestin, nommé Luscius (le louche), qui accueillit, avec de grossières accusations de plagiat, lés Questions hébraïqueSy lorsqu'elles parurent. L'auteur, suivant lui, n'était qu'un compilateur qui s'attribuait impudemment l'œuvre des Juifs et des Grecs. La bile du solitaire s'échauffa, et il cousut à ses Questions hébraïques une préface qu'il consacre, dit-il, à la défense de son livre, comme Térence consacrait ses prologues à la vengeance de ses comédies*. Il faut se rappeler, pour l'intelligence de ceci, que Térence avait eu pour ennemi un
1. Qui in principiis Libroruni debebam secuturi operis argumenta proponere, cogor prius respondere maledictis, Terentii quidpiam sustinens, qui comœdiarum prologos in defensionem sui sc3iiis dabit. Hieroii., Quœst Hebrak, Prœfat., t. II, p. 500.