‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 205 sur 255 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

mauvais poëte, nommé Lucius Lavinius, qui lui reprochait d'avoir volé Ménandre et les autres Grecs, pour s'approprier leurs dépouilles. Térence lui répond dans le prologue de VAndrienney où il se lamente de perdre son temps à réfuter les attaques d'un vieux poëte médisant, au lieu d'exposer tranquillement à ses auditeurs le tissu de sa fable*. « Incriminé comme Térence, dit Jérôme, il faut bien que je l'imite un peu, et que je fasse aussi mon prologue. Un certain Lucius Lavinius, proche parent de notre Luscius, accusait le poète d'avoir volé le trésor public ^ Hélas ! Térence n'a pas été seul poursuivi pour ce crime : le cygne de Mantoue fut aussi traité de spoliateur des anciens^ pour avoir glissé dans ses chants quelques vers d'Homère ; à quoi il répondait aux envieux : « Oui, mais il faut être fort pour arracher la massue des mains d'Hercule \ » Le même cri de plagiat s'éleva contre le grand Cicéron, ce soleil de la langue latine, ce roi des orateurs, qui plane au sommet de l'éloquence romaine ; on lui intenta, comme à un concussionnaire, une action en revendication de la part des Grecs*. Que suis-je, moi, à côté de tels hommes, dont la gloire devait écraser l'envie, et que

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