‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 208 sur 255 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

jugement sur eux ^ Je dirai encore, dussent les jaloux refuser de me croire, qu'elle avait appris en se jouant et à fond cette même langue hébraïque qui m*a coûté tant de peine dans ma jeunesse pour ne la savoir qu'imparfaitement , et qu'aujourd'hui encore je ne perds point de vue, de peur qu'elle ne me quitte ^ Et non-seulement Paula savait admirablement l'hébreu, mais elle le prononçait sans une ombre d'accent latin^ Sa sainte fille Eustochium, modelée sur elle, atteignit la même perfection. » On comprend par ces paroles comment il pouvait dédier à ses deux amies ses traductions de l'hébreu, et invoquer leur témoignage en face du monde et de l'Église. Il mettait parfois sous l'autorité de leur savoir la responsabilité du sien. « Paula et Eustochium, leur disait-il dans la préface de sa traduction d'Esther, vous si fortes dans la littérature des Hébreux, et si habiles à juger le mérite d'une traduction, revoyez celle-ci mot à mot, afin de reconnaître si je n'aurais rien ajouté ni retranché à l'original, ou si, au contraire, interprète exact et sincère, j'ai su faire passer en latin cette histoire hébraïque, telle que nous la lisons en hébreu*. »

1 . Sic ubi haesitabam , et nescire me ingénue confitebar, nequaquam voluit mihi acquiescere, sed jugi interrogatione cogebat, ut e multis variisque sententiis, quœ mihi videretur probabilior,indicarem. Hieron., Jîp.Sô, p. 686.

2. Loquar, et aliud, quod forsitan semulis videatur incredibile. Hebrœam linguam, quam ego ab adolescentia multo labore ac sudore ex parte didici, et infatigabili meditatione non desero, ne ipse ab ea deserar, discere voluit, et consecuta est... Id., ibid.

3. Ita ut Psalmos hebraîce caneret, et sermonem absque ulla latinse linguae proprietate personaret. Id., ibid,

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