LIVRE Vnr
haut de son orgueil ; mais il en voulut mortellement à Jérôme d'avoir songé à se disculper quand son év^qœ gardait le silence.
Le successeur de Cyrille au siège épiscopal de la ville sainte, Jean de Jérusalem*, avait en effet bien autre chose en tête que d'absoudre ou condamner Origène, et de donner son avis sur la résurrection des corps ; il soutenait alors une guerre de prééminence contre l'évéque de Gésarée, son métropolitain. Jean avait reçu de ses prédécesseurs l'héritage de cette guerre, qu'il transmit à ses successeurs. Il paraissait en effet contre toute raison et tout droit aux pasteurs de cette grande église, la première du monde, puisqu'elle avait été le théâtre de la rédemption et le lieu d'assemblée des apôtres, qu'on l'eût réduite à l'état d'église secondaire sous la suprématie de Césarée. Ainsi le voulait la hiérarchie civile, qui, lors de l'établissement ecclésiastique, sous Constantin, avait servi de règle à la hiérarchie religieuse : or, qu'était-ce que Césarée dans l'ordre religieux à côté de Jérusalem? Cette subordination pesait donc à tous les évêques possesseurs de ce siège , et ils cherchaient l'un après l'autre à la secouer, pour se rendre métropolitains euxmêmes, ou du moins patriarches, indépendants sur leur territoire. Jean menait avec intrépidité cette campagne, qui se termina finalement à l'avantage de son église. Intraitable dans ses prétentions à l'indépendance, il reconnaissait pour ami quiconque les procla-