LIVRE VMI
écarté, jusqu'à ce qu'un peu de terre chrétienne leur fût enfin rendue ^ Telle était la charité de ce prêtre, qui persécutait jusqu'aux morts, et l'on rougit de penser qu'il avait pour conseillers, souvent pour instigateurs, deux Occidentaux, anciens amis des persécutés.
Jean n'était pas encore satisfait : c'est Jérôme qu'il voulait frapper, afin que le troupeau fût dispersé après le pasteur. Il avait imaginé pour cela un moyen infaillible : c'était de dénoncer le prêtre romain au préfet du prétoire, premier ministre et tuteur d'Arcadius (on était en 395), comme un homme dangereux, un moine factieux d'Occident, qui mettait le trouble dans toute la Palestine ^ Ce premier ministre d'Arcadius portait, par un des hasards de l'histoire, le même nom que le prêtre ancien ami de Jérôme; c'était ce Rufin dont l'histoire nous fait connaître les cruautés, l'avarice, l'ambition effrénée%et qui projetait dès lors contre Stilicon cette guerre fratricide qui finit par séparer
i. Vivis habitaculiim, mortuis sepulcrum negat... Qnis ossa sanctorum et innoxios cineres, hucusque verberari ab imbribus sinit? Hieron., Ep. 38, p. 333.