Id., ibid
3. Voyez Thistoire du Préfet du Prétoire Rufin, dans mes Nouveaux réi'its de l'Histoire romaine au v* siècle : Trois ministres, etc.
Constantinople de Rome et diviser le monde romain en deux empires ennemis. Rufin, qui quêtait des appuis parmi les évêques orientaux , accueillit avec faveur la dénonciation arrivée de Jérusalem, et rendit au nom de l'empereur un décret de bannissement contre Jérôme ^ Les documents contemporains nous disent que Jean ne l'obtint pas gratuitement de cette cour corrompue, et qu'il ne ménagea près des affidés du ministre ni l'or ni les promesses*; enfin il l'obtint, et l'arrêt était parvenu entre les mains du gouverneur de Césarée, lorsque la bête féroce^ (c'est ainsi qu'on désignait le préfet du prétoire) tomba sous Tépée des soldats de Gainas, à Constantinople, dans le faubourg de l'Hebdomon. Sans cet événement, Jérôme, mis aux fers comme un criminel d'État, serait allé mourir de misère dans quelque coin inhabitable de l'Ethiopie ou des frontières de la Perse, car les exils de Rufin aboutissaient d'ordinaire à la mort. Le gouverneur de Césarée, magistrat prudent et humain, profita de la chute du ministre pour mettre le décret de côté, et Jean n'osa pas en réclamer l'exécution. Ainsi les monastères de Bethléem furent sauvés d'une destruction complète. Jérôme éleva la voix avec dignité contre cette dernière infamie. « C'est un chagrin pour moi, écrivait-il, que le rescrit impérial ne puisse plus être exécuté : j'y aurais gagné la couronne de l'exil. Néanmoins, si Jean
1. Nuper nobis postulavit et impetravit exilium. Hieron., Ep, 39, p. 338. — Fratrum postulat exilia. Hieron., Ep* 38, p. 333.