LIVRE PREMIER
plus qu'une autre; aux calomnies, elle en fut accablée;-^ \"'^ '"^ il n'y eut pas de conte absurde qu'on ne débitât sur( ''/• ' ' ses moeurs, et elle éprouva de toutes ces injustices \e]fj''**^ '''/ .plus poignant chagrin*. ' 3 ?
Elle prit enfin le parti d'une retraite absolue. Elle acheta ou loua, dans un des faubourgs de Rome, une petite maison entourée d'un jardin spacieux, elle fit de la maison son ermitage, du jardin son désert^ : elle y passa ses journées , se livrant en paix , loin des yeux jaloux, à la contemplation, à la prière, aux austérités. Elle ne paraissait plus en public qu'à certaines heures, et accompagnée de sa mère, pour se rendre aux tombeaux des apôtres^ . Cependant cette retraite absolue, loin de la ville, ne remplissait que la moitié de son but, car rentrée dans sa demeure, elle y retrouvait le mouvement du monde. Une autre veuve chrétienne, Sophronie, excitée par son exemple, s'était arrangé une petite cellule dans sa propre maison sans sortir de Rome; Marcella voulut en faire autant^. L'habitation qu'elle tenait de sa famille était un vaste palais situé sur. le mont Aventin^; elle en consacra une partie à des réunions pieuses, et à un oratoire oii -l'on devait prier
1. Difficile est in maledica civitate, et in urbe, in qua orbis quondam populus fuit, palmaque vitiorum, si honestis detraherent, et pura ac n^unda macularent, non aliquam sinistri rumoris fabulam contrahere. Hieron., Ep. 96, p. 779. '
2. Suburbanus ager pro monasterio fuit, et rus electum pro solitudine.
3. Apostolorum et martyrum basilicas secretis ceiebrans orationibus, et qu» populorum frequentiam declinarent. Hieron., Ep. 96, p. 780. — Matri intautum obediens.... Id., ibid»