LIVRE PREMIER
sympathie des croyances ou la similitude des cultes La première en estime et en autorité dans le conventicule du mont Aventin était une veuve déjà avancée en âge, Asella, dont nous ignorons la.famille. Elle aussi avait rompu avec sa parenté, vendu ses parures en cachette * f elle vivait pauvrement et partageait avec les indigents le peu de biens qui lui restaient ; mais ses vertus, sa douceur, son inépuisable charité, en avaient fait un objet de respect pour les polythéistes eux-mêmes ^ Venait ensuite Furia, qui apportait au sein de l'humilité chrétienne les plus hautes prétentions aristocratiques : veuve comme Asella et comme eHe d'une vie austère, elle présentait un des plus frappants exemples de ce bouleversement des idées qui faisait de la petite-fille de Camille une servante du Dieu crucifié ^ Fabiola, son égale en noblesse^ puisqu'elle se recommandait du nom de Q. Maximus, comme l'autre du nom de Camille, ne l'égalait guère en austérité. Ardente dans ses passions (et la dévotion en était une), Fabiola, encore très-jeune , avait incessamment passé de Dieu au monde et du monde à Dieu. Pour le moment elle avait deux maris vivants; mais, dégoûtée du dernier, elle comrnençait à se demander si la bigamie (c'est ainsi qu'on appelait les secondes noces) n'était
1. Quum primum hoc propositam arripuit, aurum colli sui, quod quidem muraenulam vulgus vocat; quod scilicet, métallo in virgulas lentescente , qusBdam ordinis flexuosi catena contexitur^ absque parentibus vendidit. Hieron., Ep. 21, p. 53.
2. Sola yitsB suse sequalitate promerult, ut in urbe pompse, lascivise, deliciarum, iu qua humilem esse miseria est, et boni eam prœdicent, et mali detrahere non audeant. Hieron., Ep. 21, ibid.