‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 36 sur 255 · LIVRE H · texte numérisé non relu

LIVRE H

temporain, n ce fut comme le triomphe de son malheur \ »

La cérémonie terminée, elle annonça son départ pour un long voyage, et, malgré les prières, l'opposition même de sa famille, qui tenta de la retenir, elle en fit rapidement les préparatifs aux approches mêmes de rhiver*. Quand on lui demandait où elle voulait aller, elle ne répondait pas. Un jour, elle disparut sans qu'on pût la retrouver, et l'on apprit enfin qu'elle s'était embarquée sur un navire en partance pour l'Egypte , laissant son fils unique à Rome , sans avoir rien réglé pour son éducation ni pour sa 'nourriture. « Dieu le gardera mieux que moi, » avait-elle dit. 11 fallut que le préteur urbain, chargé du soin des orphelins, nommât un tuteur au fils de Mélanie comme à un enfant abandonnée Une grande colère s'empara de la famille, et l'émotion gagna toute la ville. Ce fut l'occasion d'une polémique ardente où les païens et les chrétiens entrèrent en lutte, du moins les chrétiens exaltés, qui professaient les idées de monachisme poussées à l'excès. Les païens se plaignaient que, par de telles doctrines prêchées aux femmes , on sapât la société par ses bases et on violât les lois sacrées de la nature. Les plus sages chrétiens pensaient comme eux, mais se taisaient ; les exaltés se répandaient en

1. Luctuoso ambitu, triuni funerum cornes, vidua pariter et orbata Romam venit. Paulin., Ep, 10, p. 424; éd. 8° Antuerp. 1622.

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