LIVRE IL
cours des évoques comprovinciaux. Son exil fini, Mélétius vint reprendre l'administration de TÉglise dont il ne s'était séparé que malgré lui.
En stricte équité, le devoir de Paulin était de se démettre, Mélétius étant catholique comme lui, et de plus ayant souffert pour la foi, ce que Paulin n'avait pas fait; mais il en jugea autrement, et les Occidentaux, dont il était l'œuvre, approuvèrent sa persistance. (( Mélétius, disaient-ils, élu par une réunion d'ariens et de catholiques, n'avait jamais pu être qu'un évêque arien*, l'immixtion des hérétiques viciant radicalement le caractère de l'élection. Paulin, élu par les seuls catholiques, n'avait donc rien entrepris contre personne, et avec juste raison ne reconnaissait d'autre évêque catholique que lui-même*.» Des faits nombreux, ratifiés par l'Église, démentaient ce raisonnement; toutefois ceux des catholiques d'Antioche qui prétendaient à la pureté s'y rallièrent, et Paulin conserva un petit troupeau consubstantialiste à côté de Mélétius. L'Église de Paulin se cantonna dans la ville, celle de •Mélétius s'étendit de la ville à toute la campagne et aux évêchés de la province qui ne voulurent communiquer qu'avec lui \ Privé de l'appui des évêques syriens, Paulin se mit sous la protection de TÉglise de Rome, de qui il tenait ses pouvoirs par les mains d'un légat, de sorte que les catholiques d'Antioche eurent deux
1. Quod Meletius Arianorum puffragio ordinatus fuisset... Socr., ii, 44.