LIVRE IL 7f
JrÂÎBiait vers cjes livres profanes QÙl été up erime co^jtrç Dieu et comme wie /apostasie 4e m foi. Ces çombatiç intérieurs le conduisirent à une nouvelle crise noQ ijaoins violente que 1^ première, et (Joui il noyi? ft fait luiïfiètfi^ me émouy^uite peinture.
« Malbeyreux que j'étais! nous dit-il, je jeûnais et lisais ^.psyitp Cioéfon. Après igiyoir souveçt passé les nuits saps dormir, ^ès avoir répandu des Iw'mes que |e sojLiyenir de mes fautes ^rrja^hait du fond de mon çœurj'e pr^naiê Plaute dan^ mes mains^ Si quelquefois, rentr^'Pt en paoi-flfiênïe, je vpu|ais lire les prophète?, lepr ^y]e simple et négligé me rebutait, et pjgirce que ^ma cécité mi'empêchait d'aperçeyoir 1^. lumière, j'aco^- §ais le soleil et non mes yeu^ *. Il ipe vint, vers le Rjilieu du Ciarêrne, nne fièvre interne quj, trouvait mçp corps tout épuisé par lô mapque de repos^ acheva de le consumer. Je poe refroidissais peu à pe^, seuleipent ma poitrine gardait un peu de chaleur, et on pepsait déjà .à pi'enterrer. En ce nioment, je fus tout d'un coup ravi ep esprit et amené devant le tribunal du Juge. 11 ep sortait une si grande lupîière, et tous ceux qui Tenvironpaient jetaient un tel éclat que, pi'étant prosterné paf terre, je n'osais lever les yeux vers Ipi. On me demanda quelle était ma profession. Je répondis que
1. Itaque miser ego lecturus Tullium, jejunabam. Post noctium crebras v^iU^, po&t lac^ma^, quas mihi prseteritorum recordatio peccatorum ex imis visceribus eruebat, Plautus sumebatur ijQ manus. Hier., Ep, 18, p. 42.
2. Si quandiQ in me^et cev.ersus, Proplietas Légère cœpissein, sermo liorrebat incultus , et qiUa lumen ciecis oculis non videbam, non oculorum pwtsJi»«Mn culpam es&o, sed acdis. Uieron., ub. sup.
j'étais chrétien. « Tu mens, me dit le Juge, tu es cicéronien et non pas chrétien, car où est ton trésor, là est ton cœur*. »
« Ces paroles me fermèrent la bouche. Il ordonna qu'on me fouettât ; mais ce châtiment m'était encore moins sensible qu'un vif remords de ma conscience. Je disais en moi-même ce verset du psaume : « Qui vous rendra gloire dans l'enfer ? » Je m'écriai enfin en pleurant : « Ayez pitié de moi. Seigneur, ayez pitié de moi ! » On n'entendait que cette parole au milieu du bruit des coups*. Enfin ceux qui étaient présents, se jetant aux pieds du Juge, le prièrent de pardonner à ma jeunesse et de me donner le temps de faire pénitence, pour me punir ensuite sévèrement, s'il* m'arrivait encore de lire des livres païens. Moi, pour me tirer de l'extrémité où je me trouvais^ réduit, je lui fis serment, et lui dis en te conjurant par son saint nom : « Seigneur, si je garde dorénavant et si je lis jamais des livres profanes, je veux qu'on me traite comme si je vous avais renoncé. » Sur ce serment, on me laissa partir, et je revins au monde. On fut surpris de me voir rouvrir les yeux; mais ils étaient baignés d'une si grande abondance de larmes, la douleur dont je paraissais pénétré était si poignante, que les plus incrédules durent ajouter foi à ma vision ^ »
1. Interrogatus de conditione, christianum me esse rcspondi : et ille qui prsesidebat : « Mentiris, ait, ciceronianus es, non christianus, ub enim thésaurus tuus, ibi et cor tuum. » Hieron., Ep, 18, p. 43;