‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 60 sur 255 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

nœuvre qui pût en amener la violation ^ En tête des clercs de Mélétius, on put remarquer le prêtre Flavien% son homme de confiance, qui, s' approchant d'un pas ferme et la tête haute, étendit la main sur le saint livre et jura le premier. Le corps ecclésiastique tout entier se trouvait lié par le serment de ses représentants; le peuple applaudit, et Ton proclama que la paix était faite : elle ne l'était point. Les évêques de Syrie, ardents à la lutte, condamnèrent l'action de Mélétius comme une faiblesse de vieillard, et la convention jurée comme anticanonique. On s'agita, on multiplia les protestations anticipées contre l'intrusion de Paulin, derrière laquelle on voulait voir une prise de possession de l'Église d'Antioche par le chef de l'Église romaine. Les évêques égyptiens, partisans habituels de Paulin, soutinrent de leur côté que le compromis était bon et inviolable. On déploya dans les deux camps une violence jusqu'alors inouïe, les uns accusant leurs adversaires de prêcher le parjure, les autres leur reprochant de dissimuler sous le respect dû au serment un projet d'asservissement de l'Église orientale par l'Église occidentale. La Syrie sortit de cette tentative de concorde plus troublée vingt fois et plus divisée qu'auparavant.

La querelle de discipline, si ardente déjà, s'enve-

1. Cum eos omnes qui ad episcopatum gerendum idonei videbantur, coUegissent; erant autem sex numéro... eos sacramento adegerunt, ut altero e duob'us episcopis mortuo , nemo ipsorum episcopalem sedem ambiret, sed alterum qui superstes esset, demortui locum sinerent petinere. Socr., V, 5. — Sozom.^v, 3.

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